Michel

L'Été Assassiné

Le 17/08/2026 0

Bilan de l'Invasion Annuelle à Bricqueville

L'Été Assassiné : Bilan de l'Invasion Annuelle à Bricqueville

Et voilà. C’est fini. Le 15 août est passé, la horde est repartie, et le « Grand Nettoyage » commence, ou plutôt, la Grande Désillusion. À Bricqueville-sur-Mer, on ne fête pas la fin de l’été, on compte les dégâts.

 

On nous vend le tourisme comme une manne céleste. On nous dit : « Soyez accueillants, c'est l'économie ! » Mais pour nous, les habitants, c'est devenu une occupation, une colonisation culturelle qui nous dépossède de notre propre territoire. La plage ? Un droit de naissance que nous avons du mal à exercer de juin à septembre.

 

Le spectacle que nous offre notre grève aujourd’hui, c’est le triomphe de la vulgarité et du mépris. On ne parle pas seulement de canettes de bière oubliées. Regardez cette photo. Regardez ces monceaux de coquillages sauvagement ramassés, empilés, puis abandonnés comme des détritus vulgaires. Ce n’est pas de la négligence, c’est du viol. Un viol de notre patrimoine naturel, commis par des gens qui pensent que tout est gratuit et remplaçable. Ils prennent, ils consomment, ils jettent. Et nous ? Nous sommes les concierges d’une décharge à ciel ouvert.

 

Le bruit ? Infernal. La musique assourdissante jusqu'à point d'heure, le trafic saturant nos petites rues, le manque total de respect pour notre quiétude. La pollution ? Regardez les serviettes abandonnées, les couches-culottes dans le sable, les bouteilles en plastique qui dériveront vers l'océan. La "Nature" qu'ils viennent chercher, ils la piétinent avant de repartir.

 

Et le pire, c’est le comportement. L'arrogance de ceux qui croient que parce qu’ils payent une location, ils ont tous les droits. L'incivilité comme mode de vie. Ils se plaignent du manque de places ? Nous aussi, on aimerait bien avoir de la place chez nous !

 

Regardez cette femme sur la photo. Sa peine est réelle, et elle est la nôtre. C'est la douleur de voir un lieu qu’on aime et respecte, un sanctuaire pour nous et nos familles, transformé en un "parc à thème" dégueulasse pour une bourgeoisie urbaine en mal de sensations. C’est l’impuissance de voir notre identité balayée par une culture de masse uniforme et polluante.

 

On nous dit que c’est l’économie. Mais à quel prix ? Celui de notre dignité, de notre environnement, de notre santé mentale ? L'été prochain, ils reviendront, la plage sera peut-être propre, mais nous, nous n'oublierons pas la honte et la colère. La saison touristique n'est pas une bénédiction, c'est un siège que nous subissons chaque année, et le bilan est, une fois de plus, désastreux. L’été est assassiné, et Bricqueville pleure sur ses ruines de plastique.

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