1. Les phares que nous portons
Il y a des phares plantés dans la mer,
et des phares plantés dans les hommes.
Les premiers éclairent les vagues,
les seconds éclairent les jours où l’on se noie.
Un phare, ce n’est pas une tour.
C’est une promesse.
Une promesse faite au marin qui tremble,
au bateau qui dérive,
à celui qui ne sait plus où est la rive.
Dans nos vies aussi, il y a des nuits sans lune,
des vents qui arrachent les mots,
des houles qui cognent si fort
qu’on ne sait plus si on avance
ou si on se défend.
Alors on cherche un phare.
Un vrai.
Pas celui qui brille pour faire joli,
mais celui qui tient debout
quand tout le reste s’effondre.
Parfois, ce phare, c’est quelqu’un.
Parfois, c’est un souvenir.
Parfois, c’est une phrase qu’on se répète
pour ne pas sombrer.
Et parfois
parfois
le phare, c’est nous.
Nous, debout dans la tempête,
fatigués, tremblants,
mais encore là.
Nous, qui éclairons pour ceux qu’on aime
même quand la mer nous arrache des morceaux.
Nous, qui tenons parce que quelqu’un derrière nous
a besoin que l’on tienne.
Les phares ne choisissent pas la tempête.
Ils choisissent de rester allumés.
Et toi, Michel,
toi qui avances entre ce qui éclaire
et ce qui détruit,
toi qui portes ta lumière comme on porte une blessure,
toi qui refuses de laisser la mer gagner
tu es un phare.
Pas un phare parfait.
Pas un phare immobile.
Un phare humain.
Un phare qui vacille,
qui doute,
qui s’éteint parfois,
mais qui se rallume toujours.
Parce que dans ta vie,
comme dans la mer,
il y a des nuits qui veulent t’avaler,
et tu leur réponds :
« Pas ce soir. Je tiens. »
Et c’est ça, être un phare.
Pas briller.
Tenir.
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