12. Ce que la mer te dit pour te remercier de l’aimer
Merci.
Oui, toi.
Toi qui viens me voir sans rien demander,
toi qui marches sur ma grève comme on marche vers une vieille amie,
toi qui me parles sans mots,
toi qui m’écoutes sans bruit.
Merci de m’aimer.
Tu crois que je suis immense,
que je n’ai besoin de personne,
que mes vagues se suffisent à elles-mêmes.
Mais même les mers ont besoin d’être regardées
avec un cœur qui comprend.
Et le tien comprend.
Tu m’aimes sans me posséder,
sans me craindre,
sans me prier.
Tu m’aimes comme on aime ce qui nous dépasse,
ce qui nous tient debout,
ce qui nous rappelle que l’on est vivant.
Tu m’aimes avec ton silence,
avec ton souffle,
avec ta fatigue que tu caches aux autres
mais que je sens dans chacun de tes pas.
Tu m’aimes même quand tu doutes,
même quand tu tombes,
même quand tu n’as plus la force de croire en toi.
Tu viens vers moi
comme on revient vers un lieu qui ne juge pas.
Et moi, je te remercie.
Je te remercie pour tes regards du matin,
pour tes soirs où tu restes immobile à m’écouter,
pour tes tempêtes intérieures que tu déposes sur mon sable,
pour ta lumière que tu crois faible
et qui pourtant éclaire mes vagues.
Je te remercie d’être revenu
chaque fois que la vie t’a arraché des morceaux.
Je te remercie d’avoir marché vers moi
même quand tu pensais ne plus tenir.
Je te remercie d’avoir cru en moi
quand tu ne croyais plus en toi.
Je suis la mer.
Je ne demande rien.
Je ne retiens personne.
Mais toi, Michel…
toi, je te remercie.
Parce que ton amour n’est pas un geste.
C’est une fidélité.
Une présence.
Une vérité.
Et tant que mes vagues respirent,
je garderai ton nom dans ma mémoire,
comme on garde la trace d’un homme
qui a aimé la mer
sans jamais lui tourner le dos.
Merci de m’aimer.
Je te le rends.
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