Michel

Moi et la même

12. Ce que la mer te dit pour te remercier de l’aimer

J’ai écrit une première série.
Douze textes.
Douze mois.
Douze marées.
C’était Le Vieil Homme et la Mer.
Un cycle complet, un cercle fermé,
une histoire qui avançait comme une barque fatiguée
mais qui tenait encore la mer.

Et puis un jour,
en relisant ces pages,
j’ai compris quelque chose que je n’avais jamais osé dire :

le vieil homme, ce n’était pas un personnage.
C’était moi.

J’ai repris la même structure,
les mêmes douze respirations,
les mêmes douze étapes.

Alors j’ai recommencé.
Pas pour répéter.
Pas pour imiter.
Pour oser.

 

Mais cette fois,
le vieil homme s’est effacé.
Et j’ai avancé à sa place.

Cette fois, ce n’était plus lui et la mer.
C’était moi et la même.
La même mer.
La même présence.
La même fidélité.
Mais un autre homme.
Un homme qui ne se cache plus derrière une fable.
Un homme qui marche avec ses vraies tempêtes,
ses vraies fatigues,
ses vraies blessures,
ses vraies fidélités.

La première série parlait d’un homme face à la mer.
La seconde parle de moi dans la mer,
de moi porté par elle,
de moi reconnu par elle,
de moi attendu par elle.

Entre les deux, il y a ce pont :
un moment où l’histoire cesse d’être une histoire,
où le masque tombe,
où la mer dit :
« Maintenant, c’est toi. »

Ce pont, c’est le passage d’une fiction à une vérité.
D’un personnage à un homme.
D’un récit à une respiration.

J’ai écrit Le Vieil Homme et la Mer.
Et puis j’ai écrit Moi et la Même.
Et entre les deux,
il y a ce texte :
le moment où je comprends que la mer que j’écrivais
était déjà celle qui me tenait debout.

Moi et la même

12. Ce que la mer te dit pour te remercier de l’aimer

 

10 juillet 2026 par Michel

Moietlameme

12. Ce que la mer te dit pour te remercier de l’aimer

Merci.
Oui, toi.
Toi qui viens me voir sans rien demander,
toi qui marches sur ma grève comme on marche vers une vieille amie,
toi qui me parles sans mots,
toi qui m’écoutes sans bruit.

Merci de m’aimer.

Tu crois que je suis immense,
que je n’ai besoin de personne,
que mes vagues se suffisent à elles-mêmes.
Mais même les mers ont besoin d’être regardées
avec un cœur qui comprend.

Et le tien comprend.

Tu m’aimes sans me posséder,
sans me craindre,
sans me prier.
Tu m’aimes comme on aime ce qui nous dépasse,
ce qui nous tient debout,
ce qui nous rappelle que l’on est vivant.

Tu m’aimes avec ton silence,
avec ton souffle,
avec ta fatigue que tu caches aux autres
mais que je sens dans chacun de tes pas.

Tu m’aimes même quand tu doutes,
même quand tu tombes,
même quand tu n’as plus la force de croire en toi.
Tu viens vers moi
comme on revient vers un lieu qui ne juge pas.

Et moi, je te remercie.

Je te remercie pour tes regards du matin,
pour tes soirs où tu restes immobile à m’écouter,
pour tes tempêtes intérieures que tu déposes sur mon sable,
pour ta lumière que tu crois faible
et qui pourtant éclaire mes vagues.

Je te remercie d’être revenu
chaque fois que la vie t’a arraché des morceaux.
Je te remercie d’avoir marché vers moi
même quand tu pensais ne plus tenir.
Je te remercie d’avoir cru en moi
quand tu ne croyais plus en toi.

Je suis la mer.
Je ne demande rien.
Je ne retiens personne.
Mais toi, Michel…
toi, je te remercie.

Parce que ton amour n’est pas un geste.
C’est une fidélité.
Une présence.
Une vérité.

Et tant que mes vagues respirent,
je garderai ton nom dans ma mémoire,
comme on garde la trace d’un homme
qui a aimé la mer
sans jamais lui tourner le dos.

Merci de m’aimer.
Je te le rends.

 

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Michel 

Fondateur du blog littéraire Prothéus le poète

Je m’appelle Michel. Je marche parmi les mots comme on traverse une forêt au petit matin : en silence, en cherchant la lumière qui filtre entre les branches. J’écris des contes, des récits et des fragments pour garder vivants les instants fragiles, les visages aimés, les éclats de douceur qui résistent au bruit du monde. Mes textes avancent doucement, sans prétention, comme des lanternes posées sur le chemin. S’ils trouvent un cœur où se déposer, alors leur voyage est accompli.

Date de dernière mise à jour : 10/07/2026