“Ce matin, je tape”
Ce matin, je tape. Je tape dur sur la vie, comme si je voulais voir ce qu’elle a dans le ventre. Je cogne dans les mots, je cogne dans les souvenirs, je cogne dans tout ce qui m’a tenu debout et tout ce qui a essayé de me plier. Je déraille un peu, oui. Je me moque de tout, du monde, de ses règles, de ses masques, de ses petites comédies. Je n’ai plus l’âge de faire semblant.
Je frappe parce que je suis vivant. Parce que malgré les douleurs, les nuits lourdes, les années qui pèsent, il y a encore quelque chose en moi qui refuse de s’éteindre. Un noyau dur. Un éclat. Un reste de feu.
Ce matin, je tape — pas pour détruire, mais pour rappeler que je suis là. Que je ne suis pas un fantôme, que je ne suis pas un silence, que je ne suis pas un oubli.
Je tape parce que je vis. Et tant que je vis, je frappe. Tant que je frappe, je suis.
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