Mais je vais le dire clairement :
J’essaye de traiter des sujets tabous.
Des sujets où règne une omerta épaisse.
Des sujets qu’on ne doit pas dire.
L’aidance.
La chute.
La peur.
La nuit.
La solitude.
La maladie qui dévore.
Le corps qui lâche.
Le couple qui s’effrite sous la charge.
La fin de vie qui s’installe sans qu’on ose la nommer.
On préfère le silence.
On préfère les euphémismes.
On préfère les “courage” automatiques.
On préfère ne pas voir.
Moi, je n’y arrive plus.
Jeanne s’en va. Et je refuse de me taire.
Jeanne s’en va lentement, morceau après morceau.
Elle s’efface, elle glisse, elle se perd.
Et je l’accompagne, jour après jour, nuit après nuit,
dans un monde où personne ne veut regarder.
Alors j’écris.
J’écris ce que j’ai vécu.
J’écris ce que j’ai porté.
J’écris ce que j’ai vu.
J’écris ce que j’ai compris trop tard.
J’écris ce que personne ne m’avait dit.
Et puisque personne ne veut le dire,
alors j’accuse.
J’accuse l’omerta qui entoure les maladies neurodégénératives
On parle de “troubles de la mémoire”.
On parle de “désorientation”.
On parle de “perte d’autonomie”.
Non.
Ce sont des maladies mortelles.
Des maladies qui détruisent.
Des maladies qui tuent.
Des maladies qui transforment un couple en champ de bataille silencieux.
Et tant qu’on ne le dira pas,
tant qu’on continuera à maquiller la vérité,
les aidants continueront de tomber dans l’ombre.
1 800 visiteurs ce n’est pas un succès.
C’est un besoin.
Si 1 800 personnes viennent lire,
ce n’est pas parce que j’écris bien.
Ce n’est pas parce que je fais du bruit.
Ce n’est pas parce que je cherche l’attention.
C’est parce que des milliers de gens vivent la même chose,
et qu’ils n’ont nulle part où le dire.
Mon blog n’est pas viral.
Il est vital.
Je ne cherche pas à plaire.
Je cherche à dire.
Je cherche à témoigner.
Je cherche à laisser une trace avant que Jeanne ne parte complètement.
Et si mes mots dérangent,
c’est qu’ils touchent juste.
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