Michel

“À quel point un aidant peut supporter la douleur ?”

Le 31/03/2026 0

Souffrire pour tenir parole

 

Il y a une question que personne ne pose jamais à un aidant :
“Et toi, jusqu’où tu peux aller sans te casser ?”

On parle de patience, de courage, de dévouement.
On parle de tenir, de continuer, de faire face.
Mais on ne parle jamais de la douleur.
La douleur physique.
La douleur qui tire dans une cicatrice, dans un dos, dans un souffle.
La douleur qui rappelle que le corps n’est pas une machine.

Un aidant peut supporter beaucoup.
Trop, parfois.
Il avance, il serre les dents, il repousse la limite d’hier.
Il se dit que ce n’est “pas si grave”, que “ça va passer”, que “ce n’est pas le moment de lâcher”.

Mais la vérité, c’est que la douleur est un vrai limitateur.
Elle dit stop quand la tête dit encore.
Elle ne dit “pas aujourd’hui” quand le devoir dit “il faut”.
Elle dit “protège‑toi” quand tout le reste pousse à s’oublier.

Alors, à quel moment doit‑on lâcher prise ?
Quand la douleur devient un mur.
Quand le geste devient dangereux.
Quand le corps dit non.
Quand continuer ferait plus de mal que de bien.

Lâcher prise, ce n’est pas abandonner.
C’est reconnaître qu’on est vivant, fragile, humain.
C’est choisir de durer plutôt que de se briser.
C’est accepter que prendre soin de soi, parfois,
c’est aussi prendre soin de l’autre.

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