Michel

Vivre en esclave ou mourir libre

Le 27/08/2026 0

A mes enfants

Vivre en esclave ou mourir libre

Le ciel du XXIᵉ siècle a un goût de cendre et de métal froid. On nous avait promis l’aube d’une ère nouvelle, un monde de progrès, d’interconnexion, de savoir partager. La réalité nous a plaqués au sol. Ce siècle n’est pas le nôtre ; c’est le terrain de jeu d’une poignée d’ombres, une minorité invisible, mais omniprésente qui s’est arrogé le droit absolu de régir nos existences, de décider qui respire et qui étouffe, qui s’épanouit et qui doit disparaître.

Nous sommes devenus des rouages sacrifiables dans une mécanique qui nous dépasse et nous écrase. Dans la pénombre de leurs bureaux de verre et d’acier, ils observent la masse. Pour eux, l’humanité n’est plus un ensemble d’âmes, de visages ou de destinées : nous sommes une courbe de charge, une empreinte carbone, un poids mort sur une planète qu’ils ont eux-mêmes pillée. Leur constat est tombé, froid et sans appel : nous polluons trop. Mais au lieu de renoncer à leur luxe ou de revoir leur modèle dévorant, ils ont préféré concevoir le châtiment pour les autres.

C’est ainsi que germe l’horreur programmée : la création d’un mal invisible, un virus sculpté en laboratoire pour faire le tri. Éliminer en silence. Frapper en priorité les plus vulnérables, ceux que leur système ne juge plus « rentables ». Les anciens, qui portent pourtant la mémoire de ce que fut la liberté ; les malades ; les faibles ; ceux qu’ils ont un jour qualifiés d’« inutiles ». Cette froideur comptable rappelle les heures les plus sombres de notre histoire, où un homme avait déjà théorisé la valeur d’une vie selon des critères d’utilité et de pureté, condamnant des millions d’innocents sous le couvert d’une idéologie mortifère. L’histoire ne se répète pas toujours à l’identique, mais elle en emprunte les pires ressorts, habillée cette fois des oripeaux de la nécessité sanitaire ou de la sauvegarde écologique.

Aujourd’hui, notre quotidien est une succession de diktats. On ne nous propose plus un avenir, mais un catalogue de restrictions. La guerre s’affiche sur tous les écrans, instrumentalisée pour entretenir une terreur constante. Les impôts et les taxes s’accumulent pour financer des structures qui nous enferment un peu plus chaque jour. Le droit de parler, de douter, d’exprimer une dissidence s’est évaporé sous le poids de la censure et du politiquement correct. Nous sommes fliqués, tracés, répertoriés à chaque pas, chaque clic, chaque souffle. La surveillance n’est plus une menace lointaine : c’est l’air que nous respirons. On nous demande de nous taire, de consommer le peu qu’on nous laisse, et de remercier pour les chaînes qu’on nous pose au cou.

Face à ce tableau d’une noirceur absolue, une question lancinante finit par brûler les lèvres : Pourquoi continuer à vivre ? Pourquoi se lever chaque matin pour alimenter une machine qui nous méprise ? Pourquoi endurer le poids de ces fers alors que le ciel semble définitivement fermé ?

Il faut pourtant regarder ce désespoir en face pour comprendre le véritable enjeu. S’éteindre, renoncer, baisser les bras ou se laisser porter par la résignation, c’est offrir à cette minorité la victoire définitive qu’elle attend. Leur plus grand pouvoir ne réside pas dans leurs lois ou leurs virus, mais dans notre capitulation psychologique. Ils veulent des êtres dociles, vidés de leur volonté, trop fatigués pour espérer.

Rester debout devient alors l’acte de résistance ultime. Vivre, même abîmé, même traqué, c’est refuser de leur céder la place. C’est préserver au fond de soi une étincelle de vérité, de beauté, d’empathie — tout ce qu’ils sont incapables de comprendre ou de contrôler. La liberté ne se demande pas à ceux qui nous enchaînent ; elle se cultive dans l’ombre, dans la solidarité entre ceux qui refusent le moule, dans la transmission de la mémoire, et dans la certitude qu’aucun empire de la peur n’a jamais été éternel. Tant qu’il reste un souffle, il reste la possibilité d’un déclic, d’un refus collectif, d’une lumière capable d’incendier la nuit.

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