Michel

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Le 04/07/2026 0

Ma Jeanne

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Souvent, je me pose la question : pourquoi tenir ? Pourquoi rester debout alors que tout s’effondre autour de moi ? Pourquoi regarder Jeanne disparaître un peu plus chaque jour, dans son corps, dans sa force, dans sa fatigue, et continuer malgré tout ?

Je pourrais fuir. Je pourrais me cacher. Je pourrais laisser la douleur faire son travail et me retirer du chemin. Mais je ne le fais pas. Parce qu’un jour, je lui ai fait une promesse.

Je lui ai dit qu’elle mourrait ici, dans la maison, pas dans un couloir d’hôpital. Je lui ai dit que je serais là, que je tiendrais sa main, que je ne la laisserais pas partir seule. Je lui ai dit que je resterais jusqu’au dernier souffle, même si ça me déchire, même si ça me brûle, même si ça me casse.

Alors oui, je souffre. Physiquement, moralement, je me vide, je me fatigue, je me perds parfois. Mais je tiens. Parce que tenir, ce n’est pas être fort. C’est être fidèle.

Je ne peux pas empêcher la fin. Je ne peux pas arrêter la maladie. Je ne peux pas changer le chemin. Mais je peux être là. Je peux offrir ma présence, ma main, ma voix, mon souffle. Je peux lui offrir ce que le monde ne lui offre plus : un endroit où mourir sans peur.

Je tiens parce que je l’aime. Je tiens parce que je l’ai promis. Je tiens parce que c’est la seule chose qui reste encore debout en moi.

Et tant qu’elle est là, même fragile, même presque absente, je reste. Je ne disparais pas. Je ne fuis pas. Je suis là. Avec elle. Jusqu’au bout.

Maladie Neuronale Maladie à corps de Lewy Médical écriture blog litéraire aidant lewy

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