Ce matin, c’est dur
Ce matin, la maison respire lentement. Jeanne dort, et moi je veille. Les animaux sont là, silencieux, comme s’ils savaient. Le paon ne fait plus la roue, la chèvre ne réclame rien, les oies se tiennent tranquilles. Tout le monde comprend sans parler.
Je regarde ses mains, je tiens la mienne. Je sens le temps passer, lourd, épais, comme une brume qu’on ne peut traverser. Je me dis que je dois tenir, encore un peu, encore un jour. Mais ce matin, je n’ai pas le moral. Je suis fatigué de lutter contre ce qu’on ne peut changer.
Pourtant, elle est là. Elle respire encore. Et tant qu’elle respire, je reste. Je ne fuis pas. Je ne mens pas. Je suis là, avec elle, avec les bêtes, avec le silence.
Ce matin, c’est dur. Mais c’est la vie, encore un peu. Et je la prends comme elle vient — avec ses larmes, ses bêtes, ses fleurs, et cette lumière qui ne veut pas s’éteindre.
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