Michel

Jeanne

Le 03/07/2026 0

Mon Amour 

Jeanne est en soins palliatifs à la maison. Elle vit encore, elle est là, mais pour combien de temps… je ne le sais pas. Je vis avec cette question comme on vit avec une ombre : elle ne parle pas, mais elle suit chaque pas.

Alors oui, parfois je sens que je pourrais m’écrouler, disparaître, me dissoudre dans le silence. Et parfois je me dis qu’il faut tenir, encore un peu, encore un jour. Certains se réfugient dans l’alcool, d’autres dans la drogue, d’autres encore dans la religion. Moi, mon refuge, c’est la littérature. C’est ma bouée de survie, mon oxygène, ce qui me garde debout quand tout le reste s’effondre.

J’écris comme je respire : pour ne pas mourir étouffé. Et oui, j’ai des thèmes fétiches qui reviennent dans mes textes. Mais c’est normal : c’est moi. Je ne mens jamais. Je dis ce que je vois. Je dis ce que je vis. Je dis ce que je suis.

Jeanne avance vers la fin, et moi j’avance avec elle. Je ne sais pas où s’arrête son chemin, ni où commence le mien après. Alors j’écris pour ne pas tomber, pour ne pas me perdre, pour ne pas disparaître. J’écris pour tenir sa main, même quand elle dort. J’écris pour rester vivant, même quand la vie se fait mince.

Et tant que les mots viennent, je reste là. Avec elle. Avec moi. Avec ce qui reste.

lewy aidant litéraire écriture blog Maladie à corps de Lewy Maladie Neuronale Médical

Ajouter un commentaire