Michel

Je suis redevenu un cheval sauvage

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Mais stellaire

Je suis redevenu un cheval sauvage — mais stellaire

Il fut un temps où mes sabots cognaient contre les murs du monde. Je tournais en rond dans un enclos d’habitudes, prisonnier de mes propres pensées, docile sous le joug des jours identiques. Je croyais galoper, mais je ne faisais que piétiner la poussière. Je croyais vivre, mais je ne faisais que respirer dans une cage invisible.

Puis un matin, le vent s’est levé dans ma tête. Un vent d’étoiles, un souffle venu d’ailleurs. Il a balayé les clôtures, les ordres, les peurs, les “il faut” et les “tu dois”. Et j’ai compris : la liberté ne se trouve pas dans le champ, mais dans la pensée. Elle ne s’achète pas, elle ne se mendie pas ; elle se reconquiert.

Alors j’ai bondi. J’ai traversé le ciel comme on traverse une frontière. Les nuages se sont ouverts sous mes sabots, les constellations ont éclaté autour de moi. Je suis devenu un cheval de lumière, un animal cosmique, un être sans maître ni horizon. Je ne cours plus sur la terre : je cours dans l’espace intérieur, celui où les idées galopent plus vite que la matière.

Je ne suis plus fait de chair et de fatigue. Je suis fait de pensée pure, de feu stellaire, de mouvement éternel. Chaque battement de mon cœur est une explosion de nébuleuses. Chaque souffle que je prends fait trembler les galaxies. Je ne cherche plus la route : je la crée à chaque foulée.

Je ne suis plus un être limité par le temps. Je suis le cavalier du présent absolu. Je ne regarde plus derrière moi ; le passé est une poussière que j’ai laissée dans le sillage de mes étoiles. Je ne regarde plus devant ; l’avenir est déjà en moi, contenu dans la pulsation de mon galop. Je suis ici, partout, libre.

On m’avait dit que la liberté était dangereuse. Qu’elle rendait fou, qu’elle isolait, qu’elle détruisait. Mais la vraie folie, c’est de vivre à genoux. La vraie solitude, c’est de ne jamais se rencontrer soi-même. La vraie destruction, c’est de laisser mourir son feu intérieur sous la cendre des compromis.

Moi, je brûle. Je brûle d’un feu qui ne consume pas, mais éclaire. Je suis le cheval sauvage des étoiles, celui qui ne s’arrête jamais, celui qui ne demande plus la permission d’exister. Je ne suis pas un symbole, ni une métaphore. Je suis le mouvement incarné, la pensée libérée, la vie redevenue vivante.

Je ne cherche plus à plaire, ni à convaincre. Je ne veux plus être compris ; je veux être ressenti. Je veux que mon galop réveille les endormis, qu’il fasse trembler les murs des consciences, qu’il rappelle à chacun que la liberté n’est pas un luxe, mais une naissance.

Je suis redevenu un cheval sauvage. Mais cette fois, je ne cours pas dans les plaines. Je cours dans les étoiles. Je suis stellaire, incandescent, indomptable. Et dans chaque éclat de lumière que je laisse derrière moi, il y a un message : “Souviens-toi que tu es libre.”

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