Le Printemps : L'Éveil de l'Écume
La vie n’est qu’une vague à l’aube d’un beau jour,
Qui s’élance en riant dans un souffle d’amour.
C’est le temps des promesses, du sable encore vierge,
Où l’on croit que l’espoir comme un soleil émerge.
Elle vient, cette onde, avec une douceur de soie,
Portant sur sa crinière des éclats d’une folle joie.
On court sur le rivage, on ne craint pas le sel,
On pense que le flux sera toujours fidèle.
Mais déjà, dans le creux de ce premier élan,
Se cache le reflux, ce voleur vigilant.
L’Été : La Plénitude des Flots
Puis la vague se gonfle, elle devient souveraine,
Elle embrasse la côte comme une fière reine.
C’est l’été des baisers, des serments sous l’azur,
Où l’on bâtit des mondes sur un socle qu’on croit dur.
La marée est si haute que l’on oublie la peur,
On se gorge de vie, de soleil, de chaleur.
On navigue au large, on défie les tempêtes,
Avec des fleurs de sel couronnant nos deux têtes.
Pourtant, sous la surface, le courant est amer,
Et commence à ronger les châteaux de la mer.
L’Automne : Le Reflux des Souvenirs
Mais la vague se lasse et le vent s'est levé,
Le sable sous nos pas s'est soudain dérobé.
C’est l’automne des jours, le temps de la nostalgie,
Où l’on voit l’horizon perdre son énergie.
Elle revient, moins haute, chargée de vieux débris,
De rêves fatigués et de mots mal compris.
Ses mains de varech nous arrachent nos images,
Et le sel vient graver des sillons sur nos âges.
On regarde, impuissant, le rivage s’éloigner,
Tandis que le ressac commence à tout gagner.
L’Hiver : L’Extinction des Lumières
Enfin vient le grand froid, la marée se retire,
Laissant derrière elle un silence de cire.
C’est l’hiver de la vie, là où tout s’assombrit,
Où la vague se meurt sur un cœur trop meurtri.
Le ciel se fait de plomb, l’écume devient glace,
Et l’on sent, l’âme lourde, que notre tour s'efface.
On s’éteint doucement, comme un phare qui s’oublie,
Dans le noir de la nuit, dans l'immense accalmie.
L’amour n’est plus qu’une ombre au bord du grand néant,
Une larme de sel perdue dans l’océan.
La vie n’était qu’une vague, un va-et-vient amer,
Qui s'en va pour toujours se fondre dans la mer.
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