Fatigué, mais aimant
On a le droit d’être fatigué.
Même quand on aime.
Même quand on tient.
Même quand on ne lâche rien.
Être aidant, c’est accompagner quelqu’un qu’on aime dans une traversée difficile.
C’est être là, jour après jour,
dans les gestes, les soins, les silences, les imprévus.
C’est porter l’autre, parfois au-delà de ses propres forces.
Et dans cette fidélité, dans cette présence,
il arrive qu’on soit épuisé.
Pas parce qu’on aime moins.
Mais parce que le corps, le cœur, l’esprit ont leurs limites.
Dire qu’on est fatigué ne veut pas dire qu’on rejette l’autre.
Cela veut juste dire :
« Je suis humain.
Je fais de mon mieux.
Mais j’ai besoin de souffler. »
C’est une fatigue d’amour.
Une fatigue de veille.
Une fatigue de dignité.
Et cette fatigue-là mérite d’être entendue,
sans jugement,
sans culpabilité,
sans honte.
On peut aimer profondément,
et pourtant avoir besoin de repos.
On peut être là, chaque jour,
et pourtant rêver d’un instant de silence,
d’un matin sans tension,
d’un souffle libre.
Reconnaître cette fatigue,
c’est reconnaître la grandeur du rôle d’aidant.
C’est dire :
« Je tiens, mais je suis fatigué.
Et j’ai le droit de le dire. »