Poème en alexandrins — Fractura Temporum (version runique et alchimique)
Quand l’ombre de Janvre ouvre un cercle inversal,
le givre écrit Tham‑Sol, mot d’un métal basal.
Trois sigils sans contour vibrent sous la pelisse,
et l’air, en se pliant, renverse la prémisse.
Févrile Févrion, dans son repli d’argile,
trace un Orbe‑Ner muet sous la neige immobile.
Le pas devient Dra‑Pas, le souffle Ul‑Serein,
et l’heure, en se fendant, dévore son écrin.
Mars, double et demi‑clos, reflète un astre en cendre :
l’un monte vers l’été, l’autre refuse d’être.
Dans le miroir brisé, l’homme lit Sol‑Avenir,
mais l’éclat se replie avant de revenir.
Avril, sous Vrila‑Lune, ourdit trois spiracées :
une d’eau, une d’ombre, une d’aube effacée.
La fleur dit Ner‑Sélune, mais l’écho se déchire,
et l’homme, sans le voir, marche vers son empire.
Mai, dans un souffle clos, devient Mai‑Miroir‑Mai,
et l’été, sans paraître, glisse en Sol‑Dédal‑Frai.
Le jour porte un secret que la nuit désassemble,
et l’ombre, en se pliant, redevient ce qu’elle tremble.
Juin, sous Jun‑Oris, renverse l’hémicycle :
le temps devient Bi‑Temps, l’instant devient article.
L’homme lit Ner‑Ner, double signe sans fin,
mais le signe se brise avant de faire lien.
Juillet, sous Jul‑Rune, étend trois éclats ternes :
un pour l’ombre en retard, un pour l’heure en lanterne,
le dernier pour le vent qui refuse de choir
dans la saison présente où s’efface le soir.
Août, dans Aust‑Osseum, ferme l’ultime brèche.
Le sol écrit Pas‑Sol, mais l’écriture sèche.
Le pas devient Pas‑Nul, le nom devient Non‑Nom,
et l’homme, en se cherchant, se perd dans son fantôme.
Septembre, en Sept‑Sépia, porte un sceau runiforme :
un signe dans le vent, un autre sans sa forme.
L’automne ouvre Tham‑Trois, portail d’un double choix,
mais l’homme, déjà loin, n’entend plus cette voix.
Octobre, en Oc‑Tobre, dit l’énigme ultime :
un mot sans alphabet, un souffle sans stigme.
L’hiver, en se levant, reflète Hiv‑Hiver‑Haut,
et l’homme lit sa trace au fond d’un faux tableau.
Décembre, en Dec‑Membre, renverse la spirale :
le pas devient Pas‑Fut, l’ombre devient fractale.
Ainsi tourne l’orbe où s’efface la saison :
qui fuit l’instant présent perd sa propre raison.
Et la terre murmure, en Ter‑Rune‑Souterre :
« Celui qui lit les mois sans traverser la terre
marche dans un futur qui n’a jamais de forme.
Les saisons sont des sceaux et l’homme, leur informe. »