Michel

Poème

L’Ombre et l’Empire de Lumière

Il existe un lieu que personne ne nomme,
un espace suspendu entre deux forces qui ne se parlent plus.
On n’y entre pas par choix.
On y glisse, un soir,
comme si quelque chose derrière soi s’était refermé sans bruit.
Ce territoire n’a ni lumière ni obscurité.
Il est fait d’un mélange étrange,
un souffle froid qui traverse les os
et laisse derrière lui une trace que seuls certains ressentent.
On raconte que ceux qui y marchent
ne reviennent jamais tout à fait les mêmes.

Ils portent dans leurs yeux une lueur trop ancienne,
comme s’ils avaient vu un visage que personne ne devrait voir,

ou entendu un murmure que le jour refuse d’admettre.

Certains disent qu’une silhouette y erre,
ni vivante ni absente,
qui ne cherche rien
mais qui voit tout.
Elle passe sans bruit,
comme un fil d’ombre qui se détache du monde
et s’y rattache à peine.
Ce texte n’explique rien.
Il ne guide pas.
Il ne rassure pas.
Il ouvre seulement une brèche,
un passage étroit entre deux royaumes
qui se disputent ce qui reste encore libre.
Ceux qui comprendront sentiront le froid.
Les autres ne verront qu’un voile.
Et c’est mieux ainsi

Poème — L’Ombre et l’Empire de Lumière

 

21 janvier 2026 par Michel

Ombrec

Poème — L’Ombre et l’Empire de Lumière

Dans la nuit sans bord,
là où les étoiles respirent lentement
comme des bêtes anciennes,
une ombre se détache du sol et s’élève,
libre de toute forme,
libre de toute loi.

Elle flotte entre les constellations,
glisse sur les courants invisibles,
traverse les poussières d’or
que les comètes laissent derrière elles.
La nuit la connaît par son nom secret,
celui qu’aucune langue du jour
ne peut prononcer sans le briser.

Ici, elle n’a pas de poids.
Elle n’a pas de rôle.
Elle n’a pas de visage.
Elle est un souffle,
un fil de lumière noire,
un éclat qui danse dans l’infini.

Mais au loin,
derrière l’horizon encore endormi,
un frémissement pâle annonce le retour
de l’Empire de Lumière.

Alors l’ombre se contracte,
comme un animal qui sent revenir la cage.
Elle sait ce qui l’attend :
le monde trop clair,
trop droit,
trop tranchant.

Quand le premier rayon surgit,
il la découpe,
la fixe,
la cloue au sol.
Il lui impose un contour,
une utilité,
une direction.

Le jour ne la voit pas.
Il ne voit qu’une silhouette parmi d’autres,
un mouvement qui doit rester dans la ligne,
une présence qui doit se tenir droite.

Dans ce royaume éclatant,
tout est visible,
tout est mesuré,
tout est compté.
Rien ne flotte.
Rien ne déborde.
Rien ne respire trop fort.

L’ombre avance alors
comme on avance dans un couloir de verre,
où chaque pas résonne trop fort,
où chaque geste doit être justifié,
où chaque souffle doit rester discret.

Mais la nuit,
ah, la nuit…
la nuit la délivre.

Quand l’Empire de Lumière s’efface,
quand les murs du jour se dissolvent,
quand les regards s’éteignent,
elle se défait de sa forme,
de son rôle,
de son poids.

Elle redevient ce qu’elle est vraiment :
un fragment d’infini,
un éclat sans maître,
une trajectoire libre dans un ciel sans murs.

Chaque nuit,
elle renaît.
Chaque jour,
elle se replie.

Et dans ce duel sans fin,
dans cette oscillation entre deux règnes,
elle apprend à survivre
sans jamais renoncer
à ce qu’elle est dans l’obscurité.

Car la nuit lui offre l’espace,
et le jour lui impose la forme.
Et entre les deux,
elle lutte,
elle persiste,
elle continue d’avancer,
ombre indocile,
âme stellaire,
liberté clandestine
qui refuse de plier.

Un jour peut-être,
les deux empires se briseront.
Un jour peut-être,
il n’y aura plus de lumière qui enferme,
ni de nuit qui délivre.
Un jour peut-être,
elle n’aura plus à choisir.

Mais pour l’instant,
elle marche entre deux mondes,
et chaque pas est un acte de résistance
contre ce qui voudrait la réduire
à une seule version d’elle-même.

« Et quand tout sembla s’éteindre, on crut voir l’ombre s’éloigner encore, puis se dissoudre lentement dans un souffle que seuls les ténèbres suivirent. »

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Michel Autef

Fondateur du blog littéraire Prothéus le poète

Je m’appelle Michel. Je marche parmi les mots comme on traverse une forêt au petit matin : en silence, en cherchant la lumière qui filtre entre les branches. J’écris des contes, des récits et des fragments pour garder vivants les instants fragiles, les visages aimés, les éclats de douceur qui résistent au bruit du monde. Mes textes avancent doucement, sans prétention, comme des lanternes posées sur le chemin. S’ils trouvent un cœur où se déposer, alors leur voyage est accompli.

Date de dernière mise à jour : 27/01/2026