Michel

Poème

Les Destins Forcés

 

Un poème sur la catégorisation que nous suivons, dès la naissance

Poème — Les Destins Forcés

 

21 janvier 2026 par Michel

Naitrec

Poème — Les Destins Forcés

On ne naît pas égaux.
On naît assignés,
marqués avant même d’avoir respiré,
comme si le monde, penché sur le berceau,
avait déjà décidé de la valeur de l’enfant.

Dans certains lieux, la vie commence dans la lumière.
Dans d’autres, elle s’ouvre dans la poussière,
avec pour horizon un plafond trop bas
et pour avenir un chemin déjà usé par des millions de pas.

L’enfant riche hérite d’un monde qui lui sourit.
L’enfant pauvre hérite d’un monde qui lui tourne le dos.
L’un reçoit des portes ouvertes,
l’autre des murs.
Et ces murs, on les porte longtemps,
comme une seconde peau,
comme une condamnation silencieuse.

La naissance n’est pas un commencement,
c’est un verdict.
Le pays, la caste, la couleur, la langue,
la mère seule ou la famille brisée,
tout cela écrit l’histoire
avant même que l’enfant sache tenir un crayon.

Certains naissent dans des maisons où l’on parle d’avenir.
D’autres naissent dans des lieux où l’on parle de survie.
Et cette différence, minuscule au premier regard,
devient une fracture qui grandit avec eux,
qui les suit, qui les ronge,
qui leur rappelle chaque jour
qu’ils ne sont pas partis du même point.

On dit que chacun forge son destin.
Mensonge confortable.
Beaucoup passent leur vie à réparer
ce que la naissance leur a brisé.
Beaucoup se battent contre des chaînes
qu’ils n’ont jamais choisies.
Beaucoup meurent sans avoir vu
la moindre ouverture dans le ciel.

Et pourtant…
au milieu de cette mécanique injuste,
parfois, une fissure apparaît.
Un geste, une rencontre, un regard,
quelque chose d’infime, presque rien,
mais qui change tout.

Un enfant qu’on croyait perdu
trouve une main tendue.
Une mère seule rencontre quelqu’un
qui croit en elle.
Un jeune né dans la nuit
aperçoit une lumière qu’il n’attendait plus.

Alors le destin, surpris,
recule d’un pas.
La route se dévie.
Le mur se fend.
La vie, pour une fois,
accepte de négocier.

Ce ne sont pas des miracles faciles.
Ce sont des victoires arrachées,
des résistances minuscules,
des combats que personne ne voit.

Mais elles existent.
Elles prouvent que même si la naissance
trace la carte,
elle n’écrit pas toujours le voyage.

Et dans ce monde dur,
où l’injustice commence avant le premier souffle,
il reste cette vérité fragile :
un seul acte humain peut changer une vie.
Et tant qu’il existe une main pour en saisir une autre,
l’espoir n’est jamais complètement mort.

Story instagram rappel citation minimaliste 1

Michel Autef

Fondateur du blog littéraire Prothéus le poète

Je m’appelle Michel. Je marche parmi les mots comme on traverse une forêt au petit matin : en silence, en cherchant la lumière qui filtre entre les branches. J’écris des contes, des récits et des fragments pour garder vivants les instants fragiles, les visages aimés, les éclats de douceur qui résistent au bruit du monde. Mes textes avancent doucement, sans prétention, comme des lanternes posées sur le chemin. S’ils trouvent un cœur où se déposer, alors leur voyage est accompli.

Date de dernière mise à jour : 21/01/2026