Michel

Poème

Je suis donc je pense — je pense donc je suis

Poème pour ceux qui marchent entre les mondes

Poème 
Je suis donc je pense 
Je pense donc je suis
 

 

19 mars 2026 par Michel

Je suis 1

Je suis donc je pense — je pense donc je suis

(Poème pour ceux qui marchent entre les mondes)

Je suis.
Avant les mots, avant les gestes, avant les questions.
Je suis comme une présence posée sur le monde,
un souffle qui cherche sa forme,
une silhouette qui avance sans savoir encore qu’elle avance.
Je suis parce que quelque chose en moi persiste,
insiste,
respire.

Et parce que je suis,
alors la pensée se lève.
Elle vient comme une brume sur un lac,
douce, lente, presque timide.
Elle ne commande rien.
Elle accompagne.
Elle traduit.
Elle murmure ce que l’être ne dit pas.

Je pense parce que je suis.
Parce que l’existence appelle une lecture,
une interprétation,
un regard posé sur ce qui tremble.
La pensée n’est pas la source :
elle est la trace laissée par le passage.

Mais parfois,
la pensée se retourne.
Elle se dresse comme une tour dans la nuit.
Elle dit :
« Je pense donc je suis. »
Et dans cette phrase,
il y a l’illusion d’un pouvoir,
la tentation de croire que l’esprit précède le souffle,
que l’idée précède la vie.

Alors je vacille.
Je me demande si je suis parce que je pense,
ou si je pense parce que je suis.
Je marche dans ce couloir étroit
où l’être et la pensée se frôlent,
se défient,
se reconnaissent.

Je suis donc je pense.
C’est la racine.
La terre.
Le corps qui sait avant de comprendre.
La présence qui existe avant de se nommer.

Je pense donc je suis.
C’est la branche.
L’élan.
La lumière qui cherche à comprendre ce qu’elle éclaire.
La conscience qui se retourne sur elle-même
comme un miroir qui se découvre.

Entre les deux,
il y a le passage.
Le pont.
La respiration.
Le battement qui dit :
« Je suis encore, autrement. »

Je suis parce que j’ai traversé.
Je pense parce que j’ai survécu.
Je suis encore parce que la pensée a trouvé un chemin
dans les ruines,
dans les ombres,
dans les silences.

Je suis donc je pense.
Je pense donc je suis.
Et dans cette boucle,
dans cette spirale,
dans ce mouvement qui ne finit jamais,
je deviens ce que je n’étais pas encore.

Je suis.
Je pense.
Je suis.
Et chaque fois,
autrement.

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Michel Autef

Fondateur du blog littéraire Prothéus le poète

Je m’appelle Michel. Je marche parmi les mots comme on traverse une forêt au petit matin : en silence, en cherchant la lumière qui filtre entre les branches. J’écris des contes, des récits et des fragments pour garder vivants les instants fragiles, les visages aimés, les éclats de douceur qui résistent au bruit du monde. Mes textes avancent doucement, sans prétention, comme des lanternes posées sur le chemin. S’ils trouvent un cœur où se déposer, alors leur voyage est accompli.

Date de dernière mise à jour : 19/03/2026