Poème — Déclin de l’Amour Éternel
Sous un ciel orageux, au bord de l’océan sombre,
Un vieil homme se tient, écrasé par le poids de ses ombres.
Le vent fouette son visage marqué par les années,
Et dans ses yeux fatigués, une tempête silencieuse est née.
Sa femme, son amour, est victime d’une cruelle affliction.
Chaque jour une bataille, chaque nuit une dévotion.
Il la veille comme on veille une flamme fragile,
Craignant qu’un souffle trop fort ne l’emporte dans l’exil.
Les vagues frappent le rivage avec une mélodie désolée.
Chaque clapotis est un rappel de son amour désormais isolé.
Il se souvient des moments de tendresse, des rires éclatants,
Maintenant remplacés par des journées de souffrance, des nuits sans répit, suffocantes.
Il revoit leurs promenades, leurs mains enlacées,
Les promesses murmurées, les rêves tissés.
Aujourd’hui, ces souvenirs brillent comme des braises mourantes,
Dans un cœur qui vacille, dans une âme tremblante.
Le vent hurle, porteur de ses cris de désespoir.
Les étoiles, cachées, refusent de briller pour lui ce soir.
Ses mains tremblent, agrippant des souvenirs éphémères,
Chaque instant une prière, chaque souffle un adieu amer.
Les larmes coulent sur ses joues creusées par le temps,
Se mêlant à l’écume, symbole de son tourment.
Il regarde sa femme, perdue dans un brouillard impitoyable,
Son cœur brisé par la vue de sa lutte interminable.
Il voudrait crier, frapper la mer, défier le destin,
Mais ses forces l’abandonnent, son combat est vain.
Alors il reste là, immobile, témoin impuissant,
D’un amour qui s’effrite, d’un corps qui s’éteint lentement.
Les vagues montent, emportant ses espoirs déchus.
La mer, indifférente, poursuit sa danse impassible.
Sa douleur est un abîme, un gouffre sans fin,
Où chaque battement de cœur est une plaie qui ne guérit point.
Il se souvient de sa voix, douce comme un matin d’été,
De son rire qui chassait les ombres, qui éclairait ses journées.
Aujourd’hui, ce rire n’est plus qu’un écho fragile,
Un murmure lointain, un souvenir qui vacille.
Ainsi, seul au bord de l’eau, il pleure en silence,
Un vieil homme écrasé par le poids de son existence.
Cherchant un répit dans le fracas des vagues éternelles,
Espérant que la mer emportera enfin ses souffrances mortelles.
Et tandis que la nuit s’épaissit autour de lui,
Il ferme les yeux, laissant monter un dernier cri.
Un cri sans son, un cri sans voix,
Un cri d’amour, de perte, de foi.
Car même si la vie lui arrache ce qu’il a de plus cher,
Il sait que leur amour survivra à la poussière.
Dans le vent, dans la mer, dans les étoiles invisibles,
Dans tout ce qui demeure quand le monde devient fragile.