L’Abîme
Sous un ciel tempétueux et de désespoir,
Un vieux homme, las de la vie, éreinté,
S'avance péniblement sur le sable doré de son amour,
Face à une mer en furie, déchaînée.
Son corps se courbe, brisé par la douleur,
Chaque pas lui arrache un cri silencieux.
L'âme en lambeaux, ravagée par la peur,
Il contemple l'océan, cet abîme ténébreux.
Les vagues, telles des spectres, se ruent,
Hurlant des promesses de fin, de néant.
Le vent glacial, messager de la rue,
Étreint ses os fragiles en soufflant.
Chaque éclat de tonnerre, un écho de sa misère,
Révèle les sombres recoins de son passé.
Le cœur alourdi par une tristesse amère,
Il se laisse engloutir par l'obscurité.
Il ferme les yeux, attend le dernier souffle.
Dans le chaos de la tempête, il se perd,
Trouvant une morne sérénité dans l'écume,
Emporté par la mer, son ultime tombeau.
La pluie mêle ses larmes aux eaux furieuses,
Comme pour adoucir la souffrance qu'il porte.
Mais chaque goutte qui tombe, douloureusement précieuse,
Lui rappelle la fin de son âpre cohorte.
Son souffle s'affaiblit, sa force décline.
Le temps semble s'arrêter, suspendu dans la brume.
Au bord de l'abîme, il se sent enfin divin,
Parmi les vagues sombres qui le consument.
Les souvenirs de sa vie s'effacent lentement,
Emportés par la mer, engloutis dans le néant.
Il devient une ombre parmi les éléments,
Son corps et son esprit à jamais inconscients.
Dans ce chaos marin, il trouve sa dernière paix,
Ses souffrances morales et physiques dissoutes.
Il laisse son âme errer vers l'inconnu fait,
Et s'endort dans l'étreinte de cette mer,
Absolue et absoute.