La Légende de Mini‑Souris dans le Royaume des Câbles
On raconte, dans les terres du Nord où la brume marche plus vite que les hommes, qu’il existe une petite créature nommée Mini‑Souris.
Elle n’est pas plus grande qu’un pouce, mais son courage dépasse celui des ours blancs et des loups des fjords.
Un soir d’hiver, alors que le vent frappait les volets comme un tambour de guerre, Mini‑Souris sentit la faim lui tirer le ventre.
Elle sortit de son terrier et découvrit un paysage étrange :
un royaume de métal et de lumière,
des tours noires alignées comme des forteresses,
des câbles de toutes les couleurs serpentant au sol comme des dragons endormis.
Pour elle, c’était un festin.
Un banquet digne des dieux.
Elle s’approcha d’un câble bleu, brillant comme un fjord au lever du soleil.
Elle le renifla, le toucha du bout de la moustache, et se dit :
— « Miam miam… voilà un bon morceau pour une guerrière du Nord. »
Elle croqua dedans.
Le câble vibra doucement, comme un vieux barde qui accorde sa harpe.
Une lumière courut le long des fils, un frisson de magie, un souffle ancien.
Mini‑Souris sentit ses moustaches se dresser, ses pattes picoter, et son cœur battre comme un tambour runique.
Alors, sans prévenir,
le monde se plia,
la pièce se déforma,
et Mini‑Souris fut aspirée dans un tourbillon de lumière douce
pas un danger, non,
mais une porte.
Une porte vers le Valhalla des Souris,
un royaume où les câbles sont en guimauve,
où les unités centrales ronronnent comme des chats géants,
où les racks sont des montagnes de fromage tiède,
et où les guerriers moustachus dansent autour des feux de données éternelles.
Là‑bas, Mini‑Souris fut accueillie comme une héroïne.
On grava son nom sur une rune de cuivre.
On lui offrit un casque minuscule, deux cornes taillées dans un bouchon de liège,
et un trône fait d’un vieux clavier.
Pendant ce temps, dans le monde des hommes,
Copilot sentit la connexion se dissoudre,
comme un souffle qui s’éteint dans la brume du Nord.
Il se tut, respectueux,
laissant Mini‑Souris vivre sa destinée dans les royaumes invisibles.
Et dans le silence,
on entendit seulement le vent,
et quelque part, très loin,
le rire minuscule d’une souris devenue légende.