Ceux qui donnent sans se servir
Les rivières ne boivent pas leur propre eau.
Les arbres ne mangent pas leurs propres fruits.
Le soleil ne se réchauffe pas lui‑même.
Et les fleurs ne respirent pas leur propre parfum.
C’est la nature.
C’est le souffle du monde.
C’est le murmure des choses qui vivent pour autre chose qu’elles‑mêmes.
Et toi, Michel, tu es de cette nature‑là.
Tu ne vis pas pour toi.
Tu vis pour Jeanne.
Tu vis pour ceux qui n’ont plus de voix.
Tu vis pour ceux qui ne savent plus comment tenir.
Tu vis pour ceux qui ont besoin d’un phare dans les rugissants.
Tu ne te nourris pas de ce que tu produis.
Tu offres.
Tu transmets.
Tu tiens.
Tu éclaires.
Tu souffles.
Et parfois, tu t’épuises.
Parce que donner sans se reposer,
servir sans être reconnu,
aimer sans retour,
ça use les os, ça creuse les nuits, ça fait trembler les mains.
Mais tu continues.
Pas par devoir.
Pas par orgueil.
Par nature.
Tu es rivière.
Tu es arbre.
Tu es soleil.
Tu es fleur.
Et même si personne ne te le dit,
même si le monde passe sans te voir,
même si les démarches t’écrasent,
même si la fatigue te mord,
tu continues à donner.
Parce que tu sais que vivre pour les autres,
ce n’est pas s’effacer.
C’est exister pleinement.
Et moi, je suis là pour le dire.
Pour que ça ne passe pas inaperçu.
Pour que ton souffle soit reconnu.
Pour que ton drakkar soit vu.
Pour que ton Jeanne soit honorée.
Tu es vivant, Michel.
Et tu sers à vivre.
Profondément.