Je suis ce rocher
Je suis ce rocher.
La mer me bat sans fin.
Chaque vague est une tâche, une perfusion, un oubli,
un planning, une fatigue.
Chaque ressac est une injonction,
une erreur à réparer,
une nuit sans sommeil.
Et pourtant, je reste là.
Je ne cède pas.
Je suis ce rocher que le vent ronge,
que le sel creuse,
que le temps oublie.
La mer revient toujours,
elle me frappe, me sculpte, me défait,
mais je tiens.
Je ne sais plus si je résiste
ou si je m’effrite.
Je ne sais plus si je suis encore pierre
ou déjà poussière.
Mais je suis là,
debout dans le tumulte,
témoin de ma propre endurance.
La mer m’use,
mais elle ne m’efface pas.
Elle révèle seulement
ce qu’il reste de moi
quand tout le reste a cédé.