Michel

Mon cœur, mon amour éternel

 

L'histoire de ma vie ...

Mon cœur, mon amour éternel

 

13 janvier 2026 par Michel

Coeurc

Mon cœur, mon amour éternel

Mon cœur, mon amour éternel,
nous nous sommes rencontrés dans des contrées lointaines,
entre l’Europe et l’Asie, en Turquie.
Nos âmes égarées étaient parties se réfugier là-bas.
Dès que nous nous sommes vus, il s’est passé quelque chose,
comme une force qui nous obligeait à nous rapprocher.
Nous avions nos souffrances, nos incertitudes… mais
nous avons mêlé nos douleurs pour n’en faire qu’une.
Une fusion s’est faite entre nous deux.

Mon cœur, mon amour éternel.

Nous avons dû lutter, car on voulait nous empêcher de vivre ensemble,
mais notre amour a traversé tout cela.
Nous n’avions pas beaucoup d’argent,
nous avons payé nous-mêmes notre mariage.
Nous avons tenu, et nous nous sommes mariés.

Mon cœur, mon amour éternel.

Dans notre petit appartement naquit notre fille,
fruit de notre amour charnel.
Notre envie de liberté et de nature nous poussa à vouloir une maison.
Faute d’argent, on ne prête qu’aux riches
nous avons construit notre maison nous-mêmes.
Brique après brique,
nos week-ends, nos vacances furent consacrés à notre rêve.
Dès que les murs et le toit furent posés,
nous y avons habité : d’abord une pièce, puis une autre.
La maison fut terminée, notre havre de paix.

Mon cœur, mon amour éternel.

Mais il nous manquait une chose :
un petit frère ou une petite sœur pour notre fille.
Cinq longues années d’attente…
Nous nous étions résolus à faire le deuil d’un deuxième enfant
quand naquit enfin une petite fille.

Mon cœur, mon amour éternel.

L’aînée exprima un jour le désir d’avoir un chien.
Nous sommes allés à la SPA.
Un chien venait d’arriver, agrippé au sol,
comme si sa vie était en danger.
Elle le vit et dit : « Je veux celui-là »,
sans en regarder d’autres.

Le temps passa.
Un jour, dans la rue, ma femme dit :
« Comme ce chien est beau… »
J’ai vu dans son regard une étincelle de bonheur.
Elle ne demanda rien, mais je compris ce que je devais faire.
Je lui ai offert ce chien.

Mon cœur, mon amour éternel.

La vie ne nous a fait aucun cadeau,
comme si elle voulait nous punir
d’avoir voulu vivre et être ensemble
contre la volonté de beaucoup.
Oui, nous avions une différence d’âge,
et ethniquement, « cela ne se fait pas ».
Mais nous avons tenu,
bravé les tempêtes,
élevé nos deux filles.

Les années ont passé.
Elles ont grandi, quitté la maison,
se sont mariées, ont eu des enfants.
Nous sommes devenus grands-parents,
la chair de notre chair prolongée en eux.

Mon cœur, mon amour éternel.

Puis vint la retraite…
et la vengeance sournoise de la vie, en embuscade.
Le jour où j’ai pris ma retraite,
Jeanne, mon épouse, est tombée malade.
Le couperet est tombé :
la maladie à corps de Lewy.

J’allais la perdre à petit feu,
pour nous faire souffrir tous les deux.
La maladie avançait,
je la perdais un peu plus chaque jour.

Puis arriva la fin.
Notre dernier Noël ensemble…
mais elle n’était déjà plus là,
seulement son corps.

Les soins palliatifs ont permis une fin douce,
dans notre demeure.
Elle s’est éteinte.

Mon cœur, mon amour éternel.

Maintenant, son cœur ne bat plus.
Elle est partie dans les brumes de la mer,
comme ses cendres.
Mon amour éternel,
tu seras avec moi jusqu’à la fin de ma vie.

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Michel Autef

Fondateur du blog littéraire Prothéus le poète

Je m’appelle Michel. Je marche parmi les mots comme on traverse une forêt au petit matin : en silence, en cherchant la lumière qui filtre entre les branches. J’écris des contes, des récits et des fragments pour garder vivants les instants fragiles, les visages aimés, les éclats de douceur qui résistent au bruit du monde. Mes textes avancent doucement, sans prétention, comme des lanternes posées sur le chemin. S’ils trouvent un cœur où se déposer, alors leur voyage est accompli.

Date de dernière mise à jour : 27/01/2026