Carnaval dehors, Saint-Valentin dedans
J’ai acheté des décos un peu partout.
Je ne savais pas où j’allais les mettre.
Elles me disaient :
« Allez, prends‑nous, tu verras bien. »
Alors je les ai prises.
Et maintenant, dehors,
tout se place comme par miracle.
Hihi.
Les guirlandes, les couleurs, les petites folies qui brillent même sous la pluie,
elles ont trouvé leur place, une par une,
comme si elles se parlaient entre elles.
Dedans, j’ai posé les cœurs, les lumières douces,
les petites touches de tendresse qui réchauffent la maison.
Je n’avais pas de plan, pas de schéma, pas de stratégie.
J’avais juste l’envie.
Et l’envie, parfois,
c’est le meilleur architecte.
Moi, j’avance lentement,
comme une vieille tortue cabossée
qui a déjà tout vu
mais qui s’émerveille encore.
Je laisse les objets me guider.
Je laisse la maison respirer.
Je laisse le jardin danser.
Et au final, tout s’accorde.
Comme si chaque décoration savait exactement où aller.
Comme si la maison et le dehors
avaient décidé de se répondre,
de se faire un clin d’œil,
de se mettre en fête ensemble.
Alors moi, je circule là‑dedans,
lentement, tranquillement,
comme si je visitais un petit royaume
qui s’était construit tout seul pendant que j’avais le dos tourné.
Je touche une guirlande,
elle clignote juste un peu plus fort.
Je replace un cœur,
il se met à briller comme s’il m’attendait.
Je déplace une petite lumière,
elle trouve son angle, son éclat, son rôle.
Et je me dis :
« Tiens… finalement,
je n’ai rien décidé,
mais tout s’est décidé pour moi. »
C’est ça qui me plaît.
Ce mélange de hasard et de douceur,
de bricolage et de magie,
de petites choses qui deviennent grandes
quand on les laisse vivre.
Je regarde autour de moi,
et je sens que la maison respire mieux.
Le jardin aussi.
Comme si chacun avait retrouvé sa place,
sa couleur,
sa petite musique.
Et moi, au milieu de tout ça,
je me sens…
pas décorateur,
pas architecte,
pas stratège.
Non.
Juste quelqu’un qui accompagne,
qui écoute,
qui laisse venir.
Parce que parfois,
il suffit d’un geste,
d’un objet posé là,
d’une lumière allumée au bon moment,
pour que tout le reste suive.
Et ce soir,
je me dis que j’ai bien fait
d’écouter ces décos qui me parlaient.
Parce que ce qui est fait avec le cœur,
et avec amour,
porte toujours ses fruits.
Même s’ils poussent en guirlande,
même s’ils brillent sous la pluie,
même s’ils ne suivent aucun plan.
Ils poussent.
Ils éclairent.
Et ils réchauffent.