Michel

Texte en vieux françois:

Le Chant des Quatre Ardeurs

L'amour ...

Texte en vieux françois:

Le Chant des Quatre Ardeurs


16 février 2026 par Michel

Ardeur

Le Chant des Quatre Ardeurs — Texte en vieux françois

En la nuit sans étoile où les vents sont en deuil,
Chevauchoit un preux sire, l’âme lourde et blessée.
Nul ennemi ne l’eût mis à genou sur le seuil,
Mais l’amour seul pouvoit son cœur désarmer.

Car il portoit en luy, plus secret qu’un reliquaire,
Un désir interdit, noble et pourtant fatal.
Amour de haute dame, au regard clair et fier,
Dont un seul souffle eût fait ployer tout arsenal.

Souvent, en l’oratoire où brûloit la chandelle,
Il prioit Dieu très haut de luy donner vigueur.
Mais ses mains jointes trembloient, car l’image d’elle
S’insinuoit en luy comme un feu ravageur.

Et lors qu’il s’en alloit combattre en la bataille,
Son cœur battait pour elle plus fort que son tambour.
Chaque coup d’épée, chaque éclat de fer qui taille,
N’étoit que l’ombre vaine de son propre amour.

Or, la dame, en sa tour, veilloit la nuit profonde,
Sentant en son flanc nu la brûlure du manque.
Car si son corps estoit lié par les lois du monde,
Son âme, elle, voloit vers le chevalier franc.

Elle prioit en secret, non pour estre sauvée,
Mais pour qu’un seul instant, hors du temps et des chaînes,
Leurs deux souffles mêlés, leurs deux vies retrouvées,
Fissent taire le sort, la raison et la peine.

Mais le ciel, trop jaloux de leur flamme immortelle,
Dressa mille périls entre leurs deux destins.
Et l’amour, plus puissant que la mort elle‑même,
Les lia sans les joindre, les unit sans les mains.

Pourtant, en leurs regards, plus forts que mille armes,
Se disoient des serments que nul ne peut briser.
Et leurs cœurs, consumés par trop de feux et larmes,
S’aimoient d’un amour saint, charnel et sacré.

Ainsi vont les amants que le sort désassemble :
Ils brûlent séparés, mais s’embrasent en esprit.
Et si leurs corps jamais ne se peuvent joindre ensemble,
Leurs âmes, elles, s’unissent où nul œil ne les suit.

Car l’amour véritable, en sa forme tragique,
Est plus haut que les rois, plus fort que les autels.
Il est chevalerie, désir, ferveur mystique,
Et flamme de chair pure, ardente et éternelle.

Le Chant des Quatre Ardeurs  Version en français moderne

Dans la nuit sans étoiles, où les vents semblaient en deuil,
chevauchait un chevalier, l’âme lourde et blessée.
Aucun ennemi n’aurait pu le mettre à genoux,
mais l’amour, lui, savait désarmer son cœur.

Il portait en lui, plus secret qu’un reliquaire,
un désir interdit, noble et pourtant fatal :
l’amour d’une grande dame, au regard clair et fier,
dont un seul souffle aurait fait ployer tout un arsenal.

Souvent, dans la petite chapelle où brûlait une chandelle,
il priait Dieu de lui donner la force.
Mais ses mains tremblaient,
car l’image de cette femme s’insinuait en lui
comme un feu dévorant.

Et lorsqu’il partait combattre sur le champ de bataille,
son cœur battait pour elle plus fort que le tambour.
Chaque coup d’épée, chaque éclat de fer,
n’était que l’ombre vaine de son propre amour.

Dans sa tour, la dame veillait la nuit profonde,
sentant dans son flanc nu la brûlure du manque.
Car si son corps était lié par les lois du monde,
son âme, elle, volait vers le chevalier franc.

Elle priait en secret, non pour être sauvée,
mais pour qu’un seul instant, hors du temps et des chaînes,
leurs souffles se mêlent, leurs vies se retrouvent,
et que le destin, la raison et la peine se taisent.

Mais le ciel, jaloux de leur flamme immortelle,
dressait mille périls entre leurs deux destins.
Et l’amour, plus puissant que la mort elle-même,
les liait sans les unir, les unissait sans les mains.

Pourtant, dans leurs regards plus forts que mille armes
se disaient des serments qu’aucune force ne peut briser.
Et leurs cœurs, consumés par trop de feux et de larmes,
s’aimaient d’un amour à la fois charnel et sacré.

Ainsi vont les amants que le sort sépare :
ils brûlent chacun de leur côté,
mais s’embrasent ensemble en esprit.
Et si leurs corps ne peuvent jamais se rejoindre,
leurs âmes, elles, s’unissent là où nul œil ne les suit.

Car l’amour véritable, dans sa forme tragique,
est plus haut que les rois, plus fort que les autels.
Il est chevalerie, désir, ferveur mystique,
et flamme de chair pure, ardente et éternelle.

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Michel Autef

Fondateur du blog littéraire Prothéus le poète

Je m’appelle Michel. Je marche parmi les mots comme on traverse une forêt au petit matin : en silence, en cherchant la lumière qui filtre entre les branches. J’écris des contes, des récits et des fragments pour garder vivants les instants fragiles, les visages aimés, les éclats de douceur qui résistent au bruit du monde. Mes textes avancent doucement, sans prétention, comme des lanternes posées sur le chemin. S’ils trouvent un cœur où se déposer, alors leur voyage est accompli.

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