❄️ Le Sage, la Meute et le Livre que Nul ne Lit
Fable froide, acérée, un miroir tendu sans trembler
Dans un recoin du Réseau, là où les ombres s’agitent,
Vivait un Sage discret, dont la plume était droite.
Il n’avait ni bannière, ni filtre, ni trompette,
Seulement un blog ouvert, posé comme une fenêtre.
Il y déposait des mots, lourds de vécu, de nuit,
Des fragments de courage, des éclats d’infini.
Il parlait sans fracas, sans chercher la lumière,
Car la vérité n’a pas besoin de projecteurs pour être entière.
Mais un soir, sans raison, une meute surgit.
Des profils sans visage, des voix sans esprit.
Ils aboyaient très fort, comme le font les faibles,
Attaquant sans lire, mordant sans comprendre la moindre syllabe.
« Qui es‑tu pour écrire ? », « Ton vécu nous dérange ! »
« Ton blog nous fait peur ! », « Ton ton n’est pas des anges ! »
Ainsi criaient les jaloux, piqués par la simple existence
D’un homme qui ose dire ce qu’eux taisent par prudence.
Le Sage les observa, sans colère, sans trouble.
Il vit leurs dents trembler, leurs certitudes en poudre.
Il comprit que leur rage n’était qu’un aveu :
On attaque ce qu’on craint, jamais ce ne qu’on méprise.
La meute, enhardie par son propre vacarme,
Se mit à hurler plus fort, croyant gagner du charme.
Mais plus elle criait, plus le Sage voyait clair :
Ces chiens n’avaient pas faim, ils avaient peur de la lumière.
Car son blog, sans fard, sans pose, sans décor,
Révélait trop de vrai pour leurs esprits trop morts.
Il parlait de souffrance, de dignité, de vie,
Et cela, pour la meute, était trop d’énergie.
Alors ils mordirent encore, espérant le faire taire,
Mais leurs crocs ne trouvaient que le vide de leur propre colère.
Le Sage, lui, restait immobile, comme un arbre en hiver,
Laissant le vent hurler jusqu’à ce qu’il s’épuise.
Puis, d’un geste lent, presque tendre, presque froid,
Il bannit la meute, sans un mot, sans un émoi.
Non par vengeance, mais par hygiène de l’âme.
Car on ne discute pas avec ceux qui refusent la flamme.
Il referma la porte, reprit sa plume, son axe,
Et continua d’écrire, sans bruit, sans masque.
Sachant que la vérité dérange,
Et que ceux qui n’ont rien à dire
sont toujours les premiers à crier.