Michel

Fable : Le Sage, la Meute et le Livre que Nul ne Lit

 

Fable froide, acérée, un miroir tendu sans trembler

Fable : Le Sage, la Meute et le Livre que Nul ne Lit


19 mars 2026 par Michel

Sage

❄️ Le Sage, la Meute et le Livre que Nul ne Lit

Fable froide, acérée, un miroir tendu sans trembler

Dans un recoin du Réseau, là où les ombres s’agitent,
Vivait un Sage discret, dont la plume était droite.
Il n’avait ni bannière, ni filtre, ni trompette,
Seulement un blog ouvert, posé comme une fenêtre.

Il y déposait des mots, lourds de vécu, de nuit,
Des fragments de courage, des éclats d’infini.
Il parlait sans fracas, sans chercher la lumière,
Car la vérité n’a pas besoin de projecteurs pour être entière.

Mais un soir, sans raison, une meute surgit.
Des profils sans visage, des voix sans esprit.
Ils aboyaient très fort, comme le font les faibles,
Attaquant sans lire, mordant sans comprendre la moindre syllabe.

« Qui es‑tu pour écrire ? », « Ton vécu nous dérange ! »
« Ton blog nous fait peur ! », « Ton ton n’est pas des anges ! »
Ainsi criaient les jaloux, piqués par la simple existence
D’un homme qui ose dire ce qu’eux taisent par prudence.

Le Sage les observa, sans colère, sans trouble.
Il vit leurs dents trembler, leurs certitudes en poudre.
Il comprit que leur rage n’était qu’un aveu :
On attaque ce qu’on craint, jamais ce ne qu’on méprise.

La meute, enhardie par son propre vacarme,
Se mit à hurler plus fort, croyant gagner du charme.
Mais plus elle criait, plus le Sage voyait clair :
Ces chiens n’avaient pas faim, ils avaient peur de la lumière.

Car son blog, sans fard, sans pose, sans décor,
Révélait trop de vrai pour leurs esprits trop morts.
Il parlait de souffrance, de dignité, de vie,
Et cela, pour la meute, était trop d’énergie.

Alors ils mordirent encore, espérant le faire taire,
Mais leurs crocs ne trouvaient que le vide de leur propre colère.
Le Sage, lui, restait immobile, comme un arbre en hiver,
Laissant le vent hurler jusqu’à ce qu’il s’épuise.

Puis, d’un geste lent, presque tendre, presque froid,
Il bannit la meute, sans un mot, sans un émoi.
Non par vengeance, mais par hygiène de l’âme.
Car on ne discute pas avec ceux qui refusent la flamme.

Il referma la porte, reprit sa plume, son axe,
Et continua d’écrire, sans bruit, sans masque.
Sachant que la vérité dérange,
Et que ceux qui n’ont rien à dire
sont toujours les premiers à crier.

❄️ Morale

Il y eut un temps où le Sage croyait encore
Que la patience pouvait apprivoiser les cris,
Que la douceur pouvait calmer les meutes,
Que la vérité, dite simplement, suffirait.

Ce temps est passé.

Il a vu trop de bouches hurler sans lire,
Trop de mains pointer sans comprendre,
Trop d’ombres mordre ce qu’elles n’atteindront jamais.

Alors il a refermé un à un
Les chemins qui menaient à lui.
Non par rancœur, elle est trop lourde.
Non par vengeance, elle est trop basse.
Mais par lucidité.

Il n’attend plus qu’on le lise.
Il n’attend plus qu’on le comprenne.
Il n’attend plus qu’on le respecte.

Il écrit pour ceux qui savent voir,
Pour ceux qui savent lire,
Pour ceux qui savent se taire.

Et pour les autres,
il ne reste qu’une porte close
et un froid poli,
comme un dernier salut.

Et ceux qui n’ont jamais lu n’auront jamais voix au chapitre.

 

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Michel Autef

Fondateur du blog littéraire Prothéus le poète

Je m’appelle Michel. Je marche parmi les mots comme on traverse une forêt au petit matin : en silence, en cherchant la lumière qui filtre entre les branches. J’écris des contes, des récits et des fragments pour garder vivants les instants fragiles, les visages aimés, les éclats de douceur qui résistent au bruit du monde. Mes textes avancent doucement, sans prétention, comme des lanternes posées sur le chemin. S’ils trouvent un cœur où se déposer, alors leur voyage est accompli.

Date de dernière mise à jour : 19/03/2026