Michel

La Fable Moderne de la Place Perdue

La présence ...

La Fable Moderne de la Place Perdue


17 mars 2026 par Michel

Place perdue

La Fable Moderne de la Place Perdue

Dans un open‑space où chacun défendait son fauteuil comme un territoire sacré,
vivait un employé nommé Léo.
Il avait un bureau près de la fenêtre, un coin de lumière rare dans ce monde de néons.

Un matin, Léo se leva pour aller chercher un café.
Juste un café.
Trois minutes d’absence.

Quand il revint, un collègue stressé s’était assis à sa place,
ordinateur ouvert, écouteurs dans les oreilles,
comme si le monde lui appartenait.

Léo resta debout un instant.
Il pensa au proverbe :
« Qui va à la chasse perd sa place. »

Mais il observa la scène avec un calme étrange.
Le collègue n’avait pas pris sa place par méchanceté.
Il l’avait prise par peur : peur de ne pas avancer, peur de manquer, peur de ne pas exister dans ce bureau saturé.

Alors Léo sourit, prit une chaise libre, et s’installa ailleurs.
La lumière était moins belle, mais l’espace était plus tranquille.

À midi, le collègue vint le voir, gêné :
— Je suis désolé… j’ai pris ton bureau.
— Tu ne m’as rien pris, répondit Léo.
— Comment ça ?
— Une place qu’on perd en trois minutes n’était pas vraiment à nous.

Le collègue resta silencieux.
Il comprit que la vraie place n’est pas celle qu’on occupe,
mais celle qu’on tient par sa présence, sa manière d’être, son axe.

Moralité

Ce n’est pas en gardant une chaise qu’on garde sa place.
C’est en gardant sa dignité, sa présence, son calme.
La place qu’on perd en s’absentant n’était qu’un meuble.
La vraie place, personne ne peut te la prendre.

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Michel Autef

Fondateur du blog littéraire Prothéus le poète

Je m’appelle Michel. Je marche parmi les mots comme on traverse une forêt au petit matin : en silence, en cherchant la lumière qui filtre entre les branches. J’écris des contes, des récits et des fragments pour garder vivants les instants fragiles, les visages aimés, les éclats de douceur qui résistent au bruit du monde. Mes textes avancent doucement, sans prétention, comme des lanternes posées sur le chemin. S’ils trouvent un cœur où se déposer, alors leur voyage est accompli.

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