Michel

La Grenouille et le Compteur de Vues (2026)

 

Fable sur la futilité de l'égo numérique

La Grenouille et le Compteur de Vues (2026)


28 avril 2026 par Michel

Grenouille

La Grenouille et le Compteur de Vues (2026)

Une petite Grenouille, installée au bord de sa mare,
Regardait un Bœuf, star d’un réseau notoire.
Le colosse avait des millions d'abonnés,
Des contrats publicitaires et un corps bien galbé.
La chétive pécore, jalouse de cet empire,
Se mit en tête de faire bien pire.

I — L’ascension artificielle

Elle ouvrit son profil, acheta des abonnés,
Et de filtres magiques, se vit tout transformée.
Elle se filmait en boucle, bombant le torse et le cœur :
« Regardez, disait-elle, je suis l'influenceur !
Suis-je assez tendance ? Dites-moi, ai-je du style ?
»
— « Pas encore », répondit un têtard sur son mobile.
— « Et là ? » — « Vous en êtes loin. »
— « Voyez-vous ma portée ? »
— « Votre audience, Madame, n’est qu’une bulle de fumée. »

II — Le gonflement numérique

La méchante se gonfla de faux semblants, de buzz,
Utilisant l'IA, le deepfake et l'astuce.
Elle loua des jets, des villas de carton,
Pour paraître aussi riche que le fier champion.
À force de montages et de vidéos virales,
Elle s'enfla tant et plus dans le monde digital,
Que son serveur sauta, son compte fut banni,
Et son image réelle, dans l'oubli, s'évanouit.

III — Le miroir de notre époque

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Chaque bourgeois veut bâtir son propre personnage,
Chaque start-up se rêve licorne avant l'heure,
Et chaque particulier veut son quart d'heure de splendeur.

Morale de 2026

À force de vouloir gonfler son apparence,
On finit par perdre sa propre existence.
Mieux vaut être soi-même en toute humilité,
Que d'éclater sous le poids de sa propre vanité.

 

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Michel Autef

Fondateur du blog littéraire Prothéus le poète

Je m’appelle Michel. Je marche parmi les mots comme on traverse une forêt au petit matin : en silence, en cherchant la lumière qui filtre entre les branches. J’écris des contes, des récits et des fragments pour garder vivants les instants fragiles, les visages aimés, les éclats de douceur qui résistent au bruit du monde. Mes textes avancent doucement, sans prétention, comme des lanternes posées sur le chemin. S’ils trouvent un cœur où se déposer, alors leur voyage est accompli.

Date de dernière mise à jour : 28/04/2026