Michel

Ecrit:

En ce temps là…

Les méfaits du confort moderne

Ecrit: En ce temps là…


20 février 2026 par Michel

Temps

En ce temps‑là…

On mangeait à table, ensemble.
On parlait, on riait, on chantait parfois.
La radio jouait doucement, mais personne n’avait un écran dans les mains.
Le repas était un moment de famille, pas un moment solitaire.

Les fêtes, les bals, les kermesses

On dansait, on chantait, on se retrouvait.
Les bals du samedi soir, les fêtes de village, les repas de quartier…
On vivait en groupe, on partageait, on existait ensemble.

La vie était parfois dure, mais collective.
On vivait avec les autres, pas à côté d’eux. Dans les années 60, l’enfance se vivait dehors, dans la poussière, la lumière, les odeurs de craie, de soupe, de laine mouillée et de goûters simples.
On sortait le matin, on rentrait le soir, et entre les deux, il y avait la liberté, la vraie, celle qui se gagne en courant, en tombant, en se relevant.

Les garçons

Les garçons portaient presque tous la même tenue, comme un uniforme non officiel :

  • chaussettes hautes tirées jusqu’au mollet,
  • pantalon court, même quand il gelait,
  • pull en laine qui grattait,
  • chaussures solides, parfois ressemelées.

On courait, on sautait, on se salissait, et personne ne s’en étonnait.
Les genoux étaient écorchés, les mains noircies par la terre ou la craie.

Les filles

Les filles avaient une élégance simple, presque rituelle :

  • robe ou jupe,
  • gilet boutonné,
  • cheveux attachés : tresses, couettes, rubans, barrettes,
  • chaussures plus fines, parfois vernies le dimanche.

Elles jouaient, riaient, couraient aussi, mais dans un cadre plus “sage”, parce que l’époque le voulait ainsi.

À l’école : deux mondes séparés

L’école n’était pas mixte.
Les garçons d’un côté, les filles de l’autre.
Deux cours de récréation, deux rangées, deux univers.

Pas de mélange.
Pas de mixité.
Pas de “pot” commun.
Chacun son monde, chacun sa place.

Les maîtres pour les garçons, les maîtresses pour les filles.
Les jeux aussi étaient séparés.

Et quand un enfant n’écoutait pas, on n’avait pas besoin de crier :
un simple “pan pan cucu !” suffisait à remettre de l’ordre, avec un sourire caché derrière la petite menace douce.

Les jeux d’enfance

Les billes

On jouait dans la poussière, dans les trous, dans les cercles tracés au talon.
Les billes claquaient, roulaient, s’entrechoquaient.
On gagnait, on perdait, on échangeait.
Chaque bille avait une histoire.

Les osselets

Un jeu d’adresse, de précision, de patience.
On lançait, on rattrapait, on comptait.
Les doigts devenaient agiles, le regard précis.

Le tricotin

Trois continents dessinés, trois zones à conquérir.
On lançait, on visait, on calculait.
On apprenait à réfléchir en jouant.

Les cabanes

Trois planches, deux branches, un vieux drap.
Les cabanes étaient des refuges, des secrets, des royaumes.
On y inventait des histoires, des alliances, des serments.

Les vélos bricolés

Un vieux cadre, une roue voilée, un guidon tordu.
On réparait, on ajustait, on apprenait la mécanique sans le savoir.
On roulait jusqu’au soir, jusqu’à l’épuisement heureux.

La corde à sauter

Les filles chantaient, les garçons défiaient.
La corde tournait vite, très vite.
On riait, on tombait, on recommençait.

La marelle

Une craie, un caillou, et le ciel à portée de pied.
On sautait sur un pied, on se penchait, on perdait l’équilibre.
La marelle, c’était un voyage.

La sécurité, l’entente, la façon de vivre

Il y avait :

La sécurité par les gens

Les voisins se connaissaient.
Les portes n’étaient pas toujours fermées à clé.
Un enfant dans la rue n’était jamais vraiment seul.
On veillait les uns sur les autres, sans caméra, sans alarme, sans application.

L’entente minimale

On pouvait ne pas s’aimer, mais on se parlait.
On se croisait, on se connaissait de vue.
On savait “qui était qui”.
On vivait ensemble, pas côte à côte.

Les repas partagés

Et maintenant…

Aujourd’hui, les jeunes vivent dans un monde :

  • plus riche matériellement,
  • plus connecté,
  • plus sécurisé techniquement,
    mais souvent plus isolé humainement.

Les jeux sont numériques.
Les amitiés passent par messages.
Les souvenirs se stockent dans un téléphone.

Les repas se font :

  • chacun devant son écran,
  • chacun avec son plateau,
  • chacun dans sa chambre parfois.

Les fêtes existent encore, mais :

  • on filme plus qu’on ne vit,
  • on poste plus qu’on ne partage,
  • on regarde les autres vivre à travers un écran.

Et pour avoir la paix, beaucoup de parents donnent maintenant de l’argent aux enfants, comme un calmant moderne, un “tient, achète-toi quelque chose et laisse-moi souffler”.

La sécurité est devenue :

  • une affaire de caméras,
  • de serrures,
  • de contrôles,
    mais plus tellement de confiance et de présence.

Et c’est là que ta phrase tombe, juste, implacable :

Pour les jeunes d’aujourd’hui, tout cela les jeux, les rues, les cabanes, les repas en chanson, les bals, les voisins n’existe plus que dans les fables ou dans les livres d’histoire.

Temps2

Bilan : avant et après

Avant

  • Liberté réelle
  • Débrouille
  • Risque mesuré
  • Jeux simples mais riches
  • Corps en mouvement
  • Monde tangible
  • Enfance autonome
  • Sécurité par le lien humain
  • Repas partagés
  • Fêtes, bals, chansons
  • Entente minimale entre les gens
  • Vie collective
  • Autorité douce (un “pan pan cucu” suffisait)

Maintenant

  • Confort matériel
  • Sécurité technique
  • Surstimulation
  • Jeux numériques
  • Contact virtuel
  • Corps immobile
  • Monde saturé d’images
  • Enfance encadrée
  • Isolement derrière les écrans
  • Repas séparés
  • Fêtes filmées plus que vécues
  • Méfiance, individualisation
  • Vie fragmentée
  • Paix achetée avec de l’argent

Qui devenait les meilleurs parents ?

Avec tous les critères réunis, la réponse devient plus claire.

Les parents d’avant

Ils avaient appris :

  • la débrouille,
  • la patience,
  • la responsabilité,
  • la solidarité,
  • la gestion du risque,
  • la créativité,
  • la liberté,
  • la vie collective,
  • les repas partagés,
  • l’entraide entre voisins.

Le monde autour aidait à devenir parent :
tout poussait à vivre ensemble, à se parler, à se soutenir
.

Les parents d’aujourd’hui

Ils doivent composer avec :

  • les écrans,
  • l’isolement,
  • les horaires décalés,
  • les pressions économiques,
  • les peurs nouvelles,
  • les enfants happés par le numérique.

Ceux qui y arrivent sont admirables, mais ils se battent contre le courant.

En ce temps‑là, tout n’était pas parfait.
Mais pour apprendre à devenir parent,
le monde d’avant était plus favorable que celui d’aujourd’hui.

Non pas parce que les gens étaient meilleurs,
mais parce que la vie était plus collective,
plus simple, plus humaine, plus proche.

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Michel Autef

Fondateur du blog littéraire Prothéus le poète

Je m’appelle Michel. Je marche parmi les mots comme on traverse une forêt au petit matin : en silence, en cherchant la lumière qui filtre entre les branches. J’écris des contes, des récits et des fragments pour garder vivants les instants fragiles, les visages aimés, les éclats de douceur qui résistent au bruit du monde. Mes textes avancent doucement, sans prétention, comme des lanternes posées sur le chemin. S’ils trouvent un cœur où se déposer, alors leur voyage est accompli.

Date de dernière mise à jour : 20/02/2026