Ô rage, Ô désespoir, Ô factures, Ô ennemies…
Ô rage, ô désespoir, ô fin de mois maudite, Les impôts m’ont vidé comme un figatellu trop cuit. Ils sont passés en premier, ces artistes du racket légal, ils m’ont pris le portefeuille, la dignité… et presque le moral.
Puis EDF est arrivé, sourire carnassier, « Bonjour monsieur, vous avez allumé une ampoule en décembre. Ça fera 333,99 euros, merci de votre fidélité. » Je n’ai qu’une lampe, mais eux facturent comme si j’éclairais la Tour Eiffel en été.
La compagnie des eaux, ces poètes du compteur, Me font payer la pluie, la brume et même la vapeur. Je bois trois verres par jour, je ne suis pas une centrale nucléaire, Mais eux, ils facturent comme si j’arrosais tout le Cotentin en hiver.
Orange Télécommunication, ces illusionnistes du réseau, Me vendent du “haut débit” qui disparaît dès qu’il fait beau. Je paie pour un signal qui joue à cache‑cache, Un ninja invisible, un moine Shaolin qui se fâche.
Les assurances, ces prophètes de malheur, Toujours là pour encaisser, jamais là pour l’ardeur. Ils me couvrent de promesses, mais dès qu’il faut payer, ils deviennent plus silencieux qu’un moine en méditation prolongée.
Les CESU, ces vampires administratifs, Qui prennent leur part avec un sourire naïf. Je paie, je signe, je valide, je respire, Et eux, ils me disent : « Encore un petit, pour le plaisir. »
L’essence… ah, l’essence. Ce liquide sacré devenu plus cher que le whisky corse. Je mets vingt euros, la jauge bouge d’un millimètre, Juste assez pour aller jusqu’au rond‑point… et revenir peut‑être.
Canal+, ces troubadours du cinéma, Qui me vendent des films que j’ai déjà vus trois fois. Je paie pour revoir ce que je connais déjà, C’est presque de l’art… mais surtout un prélèvement de plus, voilà.
Et moi, au milieu de tout ça…
Il me reste l’humour, et mes yeux pour pleurer. Et encore… les larmes, il faut les économiser, parce que l’eau est chère.
Et la nourriture ? Pas encore payée. Mais bon… on va faire comme les moines Shaolin : respirer profondément et manger demain.