La Marseillaise version 2026
I
Debout dans la nuit froide,
là où les murs respirent,
là où les câbles tremblent,
là où le vent cherche une faille.
Debout, parce que la maison attend,
parce que le monde glisse,
parce que personne ne retient la nuit à notre place.
Refrain
Debout dans la nuit qui serre,
debout quand tout se tait,
debout parce que personne
ne tiendra la ligne à notre place.
Debout, veilleurs sans lumière,
debout jusqu’à ce que l’aube cède,
debout, même si la nuit gagne,
debout, parce que nous refusons de plier.
II
Écoutez les signaux faibles :
le compteur qui hésite,
le poêle qui soupire,
la route qui blanchit,
le silence qui s’épaissit.
Rien ne frappe d’un coup.
Tout s’installe, lentement, proprement,
comme une ombre qui prend ses marques.
III
Debout, vous qui veillez encore,
vous qui sentez la fatigue ramper,
vous qui connaissez les conséquences
avant même qu’elles ne se montrent.
La résistance n’a plus de clairon.
Elle a des gestes lents,
des mains qui vérifient,
des yeux qui scrutent dans le noir.
Refrain
Debout dans la nuit qui serre,
debout quand tout se tait,
debout parce que personne
ne tiendra la ligne à notre place.
Debout, veilleurs sans lumière,
debout jusqu’à ce que l’aube cède,
debout, même si la nuit gagne,
debout, parce que nous refusons de plier.
IV
Ce n’est pas un chant de guerre.
C’est un chant de maintien.
Un chant pour tenir la ligne,
pour empêcher la nuit
de prendre tout le terrain.
Un chant pour ceux qui savent
que la moindre négligence
devient un piège au matin.
V
Debout, vous qui marchez sans bruit,
dans les couloirs froids,
dans les heures vides,
dans les minutes qui s’étirent
comme des fils trop tendus.
Vous qui réparez,
vous qui anticipez,
vous qui refusez de céder.
Refrain
Debout dans la nuit qui serre,
debout quand tout se tait,
debout parce que personne
ne tiendra la ligne à notre place.
Debout, veilleurs sans lumière,
debout jusqu’à ce que l’aube cède,
debout, même si la nuit gagne,
debout, parce que nous refusons de plier.
VI
La nuit n’est pas un refuge.
Elle est un verdict.
Elle observe qui flanche,
qui s’effrite,
qui continue malgré tout.
Elle teste les murs,
les nerfs,
les volontés.
VII
Debout, parce que la lampe doit rester allumée.
Debout, parce que la maison doit tenir.
Debout, parce que la nuit ne respecte
que ceux qui refusent de plier.
Debout, même si l’aube tarde,
même si elle hésite,
même si elle ne promet rien.
Refrain
Debout dans la nuit qui serre,
debout quand tout se tait,
debout parce que personne
ne tiendra la ligne à notre place.
Debout, veilleurs sans lumière,
debout jusqu’à ce que l’aube cède,
debout, même si la nuit gagne,
debout, parce que nous refusons de plier.
VIII
Et sous la paille,
la graine travaille déjà.
Elle attend son heure.
Elle fissurera le sol
un matin sans lumière,
un matin que la nuit
n’aura pas réussi à avaler.
IX
Debout, veilleurs silencieux,
dans ce monde qui craque,
dans ces heures qui mordent,
dans ces nuits qui s’allongent.
Debout, sans drapeau,
sans gloire,
sans témoin.
X
Debout, toujours.
Parce que c’est ainsi
que survivent les veilleurs.
Et la nuit le sait.
Refrain final
Debout dans la nuit qui serre,
debout quand tout se tait,
debout parce que personne
ne tiendra la ligne à notre place.
Debout, veilleurs sans lumière,
debout jusqu’à ce que l’aube cède,
debout, même si la nuit gagne,
debout, parce que nous refusons de plier.