Les enfants, premières victimes de notre soi‑disant humanité
Dans ce décor de ruines et de lumières factices, une ville se dresse comme un mensonge.
Les tours dorées brillent au loin, arrogantes, indifférentes, tandis qu’au sol, dans l’ombre, gît ce que nous refusons de voir.
Un enfant.
Ou ce qu’il en reste.
Une petite silhouette abandonnée dans un monde qui prétend encore être humain.
Les façades s’effritent, les escaliers se brisent, les rues se noient sous un reflet glacé.
Tout autour, la modernité se pavane, mais elle n’a plus d’âme.
Elle avance sans regarder derrière elle, sans entendre les chutes, sans entendre les pleurs.
Car ce sont toujours eux, les enfants,
les premières victimes de notre soi‑disant humanité.
Ceux qui tombent quand les adultes détournent les yeux.
Ceux qui paient le prix des guerres, des négligences, des violences, des abandons.
Ceux que l’on sacrifie au nom du progrès, de la vitesse, de l’économie, de la survie des grands.
Dans cette image, rien n’est exagéré.
Rien n’est inventé.
C’est notre monde, simplement dépouillé de ses excuses.
Un monde où les enfants tombent en premier,
et où les adultes continuent d’avancer,
comme si de rien n’était.