Version cosmique
Dans l’arrière‑monde de mes pensées,
là où le réel se dissout dans l’abstrait,
une lumière primordiale se lève.
Pas une lumière ordinaire,
mais une lumière‑source,
antérieure à moi,
antérieure au temps,
antérieure même à l’idée d’exister.
Elle serpente dans le labyrinthe de mon esprit
comme une comète consciente,
une entité faite d’énergie pure,
qui m’appelle à la suivre
dans les couloirs gravitationnels
de ma propre matière grise.
Je sens alors que je ne suis plus un simple être humain.
Je deviens un soliton d’énergie,
gonflé jusqu’à la limite de l’explosion,
porteur de tout ce que j’ai vu,
tout ce que j’ai su,
tout ce que j’ai rêvé,
tout ce que j’ai oublié.
Mes neurones s’ouvrent en constellations,
tissant des toiles d’araignée stellaires
où chaque impulsion électrique
est un big bang miniature.
Chaque pensée devient une galaxie.
Chaque souvenir, une étoile mourante.
Chaque émotion, une nébuleuse en formation.
Je traverse mes pensées
à la vitesse de la lumière,
dans les décennies de l’univers,
dans les siècles du vide,
dans les millénaires du silence cosmique.
Je me perds dans l’infini de l’Éther,
cet espace sans forme
où ma vie se dilate,
se disperse,
se réinvente,
comme si j’étais à la fois
le voyageur,
le chemin,
et la destination.
Et dans cette immensité,
je comprends que je ne suis pas un point perdu dans le cosmos,
mais un cosmos entier
contenu dans un seul point.