Moi quand je vois un …
Il y a un moment précis, un claquement sec dans le cerveau, où l’air change de densité.
Le monde continue de tourner, mais moi, je sens la pression monter comme une charge électrique.
Les yeux se plissent, la patience se débranche, et l’instinct me dit : « Attention, spécimen rare : le con pur, celui qui ne lit pas, celui qui ne comprend pas, celui qui croit savoir. »
Alors je ne parle plus. Je laisse la foudre faire le travail.
Une décharge de lucidité, un éclair de vérité, un silence qui claque plus fort qu’une gifle.
Lui, il reste planté là, dans sa bêtise, comme un poteau téléphonique qui a raté sa vocation.
Il ne comprend rien.
Mais ce n’est pas grave. Les autres liront pour lui.
Parce que la connerie, ça ne se combat pas avec des mots.
Ça se combat avec la hauteur, avec le recul, avec l’ironie, avec le calme électrique de celui qui a déjà vu trop de virages.
Moi, je ne m’abaisse pas. Je ne discute pas. Je ne négocie pas.
Je regarde. Je note. Je souris.
Et je laisse la vie faire ce qu’elle fait le mieux : mettre les cons dans les virages où ils se plantent tout seuls.
Moi, je reste au-dessus, comme l’albatros, électrique, tranquille, lucide.
Et quand je vois un con… je ne m’énerve plus.
Je me branche.
Il y a des jours où la vie est simple : le soleil se lève, les oiseaux chantent, et un con apparaît.
Pas un con discret, pas un con timide, pas un con qui doute.
Non.
Le con majuscule, celui qui arrive avec la confiance de quelqu’un qui n’a jamais rencontré un miroir.
Celui qui parle fort pour cacher qu’il ne pense pas. Celui qui affirme pour éviter de réfléchir. Celui qui croit que son avis est une preuve.
Et moi, dans ces moments-là, je sens l’électricité monter.
Pas la colère. Non.
La lucidité noire, celle qui te dit : « Ah… voilà un spécimen rare. Un chef-d’œuvre de la nature. Une erreur de fabrication livrée sans garantie. »
Le con, c’est fascinant.
Il ne lit pas, mais il commente. Il ne comprend pas, mais il juge. Il ne sait pas, mais il explique.
Il est persuadé que la Terre tourne autour de son ignorance.
Et quand tu lui parles, tu vois dans ses yeux ce petit vide cosmique, ce trou noir de compréhension, cette absence totale de connexion neuronale.
Tu pourrais lui donner un plan, une carte, un GPS, un guide Michelin, il se perdrait quand même dans une pièce carrée.
Alors moi, je ne lutte plus.
Je ne gaspille plus mon énergie.
Je me branche.
Je laisse la foudre intérieure faire son travail : un éclair de lucidité, un sourire qui dit « je t’ai vu », un silence qui dit « je ne descendrai pas à ton niveau ».
Parce que la connerie, ce n’est pas un adversaire.
C’est un phénomène météorologique.
Ça passe, ça gronde, ça fait du bruit, et ça repart.
Et moi, je reste là, électrique, tranquille, perché comme un albatros qui a déjà vu trop de tempêtes pour s’inquiéter d’une flaque.
Les autres liront pour lui.
Lui, il regardera les images.
Et peut-être — miracle — il comprendra que ce texte parle de lui.
Mais j’en doute.
Les cons ne se reconnaissent jamais.
C’est pour ça qu’ils sont si nombreux.