LE DIEU DU VENT
Couplet 1
Dans un matin gris d’avril,
Le ciel descend, lourd et fragile.
Le vent s’avance comme un roi,
Et tout le sable plie sous sa loi.
Il mord la dune, il brise l’air,
Il fait trembler le flanc de la mer.
Et dans ce froid qui vous transperce,
On sent la main d’une force ancienne.
Pré‑refrain
On marche courbé dans son empire,
Et plus on avance, plus il respire.
Comme un dieu sombre qui nous défie,
Et qui réclame notre vie.
Refrain
Ô vent, maître des marins,
Toi qui donnes et reprends,
Toi qui portes les voiles loin,
Et qui juges les cœurs sans frein.
Ô vent, dieu des anciens chemins,
Nous ne gagnons jamais ton terrain,
À moins d’offrir entre nos mains
Un cerf‑volant comme un destin.
Couplet 2
Depuis des siècles sur les flots,
Les hommes t’ont servi comme un fardeau.
Tu gonflais leurs voiles de lumière,
Tu les guidais vers d’autres terres.
Mais malheur à ceux qui riaient,
À ceux qui osaient te défier.
Car la Légère devenait Reine,
Et la mer sombre ouvrait sa peine.
Pré‑refrain
Tu renversais les mâts trop fiers,
Tu avalais les cœurs amers.
Pour rappeler à l’imprudent
Qu’on ne défie jamais le vent.
Refrain
Ô vent, maître des marins,
Toi qui donnes et reprends,
Toi qui portes les voiles loin,
Et qui juges les cœurs sans frein.
Ô vent, dieu des anciens chemins,
Nous ne gagnons jamais ton terrain,
À moins d’offrir entre nos mains
Un cerf‑volant comme un destin.
Couplet 3 (solennel, mythique)
Il est plus vieux que nos mémoires,
Plus vieux que l’encre de nos histoires.
Avant les hommes, avant les ports,
Il régnait seul sur les décors.
Il parle en langues que nul n’apprend,
Il juge l’âme, il brise le temps.
Et quand il hurle sur les falaises,
On sait qu’un dieu réclame obéissance.
Pré‑refrain
On marche courbé dans son empire,
Et plus on avance, plus il respire.
Comme un dieu sombre qui nous défie,
Et qui réclame notre vie.
Refrain
Ô vent, maître des marins,
Toi qui donnes et reprends,
Toi qui portes les voiles loin,
Et qui juges les cœurs sans frein.
Ô vent, dieu des anciens chemins,
Nous ne gagnons jamais ton terrain,
À moins d’offrir entre nos mains
Un cerf‑volant comme un destin.
Pont (grave, presque murmuré)
Et si l’on cesse de lutter,
Si l’on accepte de plier,
Alors le dieu se fait plus doux,
Et nous ramène jusqu’à nous.
Refrain final (solennel)
Ô vent, maître des marins,
Toi qui donnes et reprends,
Toi qui portes les voiles loin,
Et qui juges les cœurs sans frein.
Ô vent, dieu des anciens chemins,
Je marche enfin dans ton destin,
Et mon cerf‑volant dans les mains
Te dit que je ne crains plus rien.