L’Automne de Jeanne et Michel
(Texte parlé)
Tu sais, je n’ai jamais été aussi serein que ce matin-là.
Nous marchions près de l’eau, un peu comme aujourd’hui, mais le vent avait une autre odeur.
C’était le début d’une vie, un temps où tout restait à bâtir.
Une histoire qui a commencé là-bas, entre l’Europe et l’Asie, sous une lumière d’Orient qui ne nous a jamais quittés.
On l’appelait notre destin, mais c’était tout simplement nous.
Toi, avec ta force tranquille, tu étais le plan de cette maison que je n’avais pas encore dessinée.
Et je me souviens, je me souviens de chaque pierre posée, de chaque hiver bravé pour nous mettre à l’abri.
Il y a cinquante ans, il y a une vie, il y a une éternité.
(Refrain)
On est allés où tu voulais, quand tu le voulais,
Et on s’aime encore plus fort, contre les vents et les remords.
Toute la vie a ressemblé à ce matin,
Aux couleurs de notre chemin.
(Texte parlé)
Aujourd’hui, le jardin a grandi, les enfants ont pris leur envol, et je veille sur ton sommeil comme on veille sur un trésor ancien.
Je regarde l’horizon de la Manche et je ne regrette rien.
Pourtant, le sort s’est souvent dressé sur notre route, dressant des barrières là où nous voulions passer.
La vie a parfois semblé être contre nous, nous imposant ses orages et ses refus.
Mais regarde-nous : nous avons vaincu chaque obstacle, l’un après l’autre, sans jamais lâcher la main de l’autre.
Chaque épreuve n’a fait que cimenter nos murs et renforcer cet amour qui nous porte encore.
Tu vois, comme cette maison de pierre que j’ai levée de mes mains, notre lien est devenu indestructible à force de batailles gagnées.
Il s’appuie sur le granit et regarde la mer.
Je me souviens des rires, des doutes balayés, et de cette promesse tenue au fil des décennies.
Il y a une éternité, un siècle… c’était hier.
(Refrain)
On est allés où tu voulais, quand tu le voulais,
Et on s’aime encore plus fort, contre les vents et les remords.
Toute la vie a ressemblé à ce matin,
Aux couleurs de notre chemin.