Il faut accepter
Que tout va s'effacer
Ce qui s'enfuit déjà
Oublier l'éclat
Des jours de partage
Et le temps volé
À te voir sombrer
Dans un autre âge
Oublier ces heures
Où l'esprit s'égare
Dans le grand brouillard
Qui dévore ton cœur
Ne t'en va pas Jeanne
Ne t'en va pas
Ne t'en va pas
Moi je te retiendrai
Des lambeaux de vie
Contre cet oubli
Qui veut t'emporter
Je fouillerai l'ombre
Au fond de tes yeux
Pour rallumer un peu
Tes souvenirs sombres
Je bâtirai un monde
Où ton nom résonne
Où rien ne s'abandonne
À chaque seconde
Ne t'en va pas Jeanne
Ne t'en va pas
Ne t'en va pas
Je te murmurerai
Des récits d'enfance
Contre ton silence
Que je peuplerai
Je te parlerai
De nous deux autrefois
Quand le son de ta voix
Encore m'éclairait
Je te raconterai
La femme que tu étais
Pour que tu n'aies jamais
L'air de nous quitter
Ne t'en va pas Jeanne
Ne t'en va pas
Ne t'en va pas
On a vu parfois
Une étincelle vive
Dans ton âme captive
Qui revient vers moi
Il est, paraît‑il
Des mémoires lassées
Qui laissent s'échapper
Un dernier avril
Et quand vient le soir
Pour que l'instant brille
Que tes yeux de petite fille
Retrouvent l'espoir
Ne t'en va pas Jeanne
Ne t'en va pas
Ne t'en va pas
Je ne vais plus crier
Je ne vais plus gémir
Je vais juste rester
À te voir partir
Glisser doucement
Loin de tes sourires
Loin de tes tourments
Sans rien pouvoir dire
Laisse‑moi devenir
L'écho de ta mémoire
Le reflet de ton histoire
Le gardien de ton départ
Ne t'en va pas Jeanne
Ne t'en va pas
Ne t'en va pas