Couplet 1
La mer… elle n’est pas qu’une étendue d’eau salée,
c’est le sang même qui coule dans mes veines.
J’ai passé tant d’années à scruter son horizon infini
que mes yeux ont pris la couleur de ses tempêtes,
ce gris d’acier,
et la profondeur de ses abysses
où le soleil ne descend jamais.
Je suis Michel, vieux marin amarré trop longtemps,
la peau tannée par les embruns,
portant des histoires que plus personne n’écoute.
Refrain
Je suis la mer,
je suis le vent,
je suis l’écume et le temps.
Je suis la mer,
je suis vivant,
même quand le monde me prend tout doucement.
Je suis la mer…
et la mer, c’est moi.
Couplet 2
L’océan est tout à la fois :
mon seul espoir,
la lumière du matin sur une mer d’huile,
la promesse du poisson,
la poursuite de l’existence.
Mais il est aussi mon désespoir le plus sombre,
ce gouffre béant sous la coque
quand la nuit tombe
et que les vagues grondent comme des bêtes affamées,
prêtes à engloutir mes certitudes.
La mer ne ment jamais.
Elle reflète ce que nous sommes
quand la terre ferme ne nous protège plus.
Refrain
Je suis la mer,
je suis le vent,
je suis l’écume et le temps.
Je suis la mer,
je suis vivant,
même quand le monde me prend tout doucement.
Je suis la mer…
et la mer, c’est moi.
Couplet 3
La vie ici-bas est une lutte incessante,
une danse funambule
entre la joie du vent du large
et la souffrance sourde
de ceux qui ont tout laissé derrière eux,
perdus dans le fracas des éléments
ou le silence des profondeurs.
La mer ne donne rien
sans reprendre quelque chose.
Elle exige le respect,
l’humilité absolue.
Elle est mon foyer,
ma geôle,
ma religion,
ma confidente.
Elle est le silence qui m’apaise
et le bruit qui me torture.
Refrain
Je suis la mer,
je suis le vent,
je suis l’écume et le temps.
Je suis la mer,
je suis vivant,
même quand le monde me prend tout doucement.
Je suis la mer…
et la mer, c’est moi.
Pont
Parfois la souffrance devient l’horizon,
une ligne grise qui ne bouge plus.
Elle vit dans mes articulations
quand le baromètre chute,
dans les noms des camarades
que le temps a effacés.
Chaque vague est une page
d’un livre que je suis seul à lire,
un manuscrit liquide
qui s’écrit et s’efface sans cesse.
Couplet 4
Je regarde au loin
et je ne vois pas seulement l’eau.
Je vois les années,
les visages disparus,
les peines que les marées n’ont jamais emportées.
Je suis un vieux marin,
lié à cette immensité
tant que mon cœur battra.
Condamné et béni
de porter en moi l’écume,
l’amer,
et le poids de l’infini.
La mer est ma vie,
mon sang,
mon horizon,
mon début
et ma fin.
Refrain
Je suis la mer,
je suis le vent,
je suis l’écume et le temps.
Je suis la mer,
je suis vivant,
même quand le monde me prend tout doucement.
Je suis la mer…
et la mer, c’est moi.
Je suis la mer…
et la mer m’emportera.