La situation était bloquée.
Les buses tournaient au dessus du jardin comme deux vautours en stage d’observation.
En bas, la basse cour tenait ses positions :
• les oies en mode garde du corps,
• les chèvres prêtes à charger,
• les poussins regroupés dans la “Zone Bébé – Sécurité Gaga”,
• et le dindon qui hyperventilait derrière une brouette.
Personne ne bougeait.
Les buses avaient faim.
Les poussins étaient hors de question.
Et tout le monde savait que le premier qui clignerait des yeux perdrait.
C’était un duel à l’ancienne.
Un western.
Version plumes.
Puis… la nature a décidé qu’elle en avait assez de cette comédie.
Un grondement.
Un souffle.
Un frisson dans l’air.
Et soudain, un énorme nuage noir a surgi au dessus du jardin, comme un général qui arrive en retard à la bataille.
En dix secondes, le ciel a ouvert les vannes.
Pas de pluie.
Non.
De la grêle.
De la vraie.
De la grosse.
De celle qui te fait croire que tu viens d’être téléporté aux sports d’hiver sans forfait de ski.
Les poules ont couru dans tous les sens en criant “Alerte blanche ! Alerte blanche !”
Les canards ont glissé comme des patineurs artistiques ratés.
Le paon a replié sa roue si vite qu’on aurait dit un parapluie cassé.
La chèvre a fait demi tour en mode “non mais ça va pas, là”.
Et les oies ont formé un bouclier vivant autour des bébés, prêtes à pincer la météo elle même si nécessaire.
Quant aux buses…
Elles ont pris une décision stratégique très simple :
“On reviendra plus tard.”
Elles ont battu en retraite, dignes mais trempées, vexées mais vivantes,
laissant derrière elles un jardin transformé en piste de luge improvisée.
Et c’est ainsi que la bataille s’est terminée.
Pas par un héros.
Pas par un canon à noix.
Pas par un plan militaire.
Mais par un nuage grincheux qui a décidé que tout le monde devait rentrer chez soi.
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