L’escalier de Jeanne
Quand le corps ne peut plus suivre, l’esprit cherche une issue. Alors, au milieu des tempêtes, un escalier apparaît. Pas de pierre, pas de bois — du verre, pur, fragile, transparent. Chaque marche est une part de vie, un souvenir, une douleur déposée. Et Jeanne, doucement, commence à monter.
Sous elle, la mer gronde. C’est le monde qu’elle quitte : les jours de lutte, les nuits sans repos, les gestes qui pèsent. Mais elle ne fuit pas. Elle s’élève. Elle traverse l’eau, la peur, la foudre, pour rejoindre un espace où rien ne fait mal.
L’escalier ne mène pas au ciel : il mène à la clarté. À cet endroit où la conscience devient lumière, où la fatigue se dissout, où la mémoire se transforme en paix. Chaque pas est une délivrance. Chaque marche, une respiration retrouvée.
Et toi, tu restes là, au pied de l’escalier, à regarder la mer se calmer. Tu sais qu’elle ne tombe pas, qu’elle ne s’efface pas. Tu sais qu’elle monte vers ce lieu que les vivants ne peuvent pas voir. Tu sais qu’elle est libre.
Alors tu la laisses partir. Tu la laisses devenir ce qu’elle a toujours été : une âme claire, une présence douce, une lumière qui ne s’éteint pas. Et quand la foudre s’éloigne, quand la mer se tait, tu entends son pas léger sur les marches de verre. Elle est là, en haut, vivante autrement.
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