Chronique d’un matin bénit par Saint Médard
Saint Médard, ce vieux farceur céleste, a décidé de tester la résistance des Normands.
À peine le café avalé, voilà que le ciel s’ouvre comme une bonde de baignoire :
pluie fine, pluie drue, pluie qui hésite, puis qui se lâche.
Et moi, planté là, parapluie minuscule au-dessus du crâne,
je ris comme un idiot sous la bénédiction du saint.
Autour, les vaches font la grimace, les poules courent en zigzag,
et même le chien regarde le ciel avec l’air de dire :
« T’as encore fait le malin, Médard ! »
Mais qu’importe : la pluie, c’est la musique du pays.
Elle lave les pensées, elle rince les rancunes,
et elle rappelle que, chez nous, le soleil est un invité, pas un propriétaire.
Alors je lève mon petit parapluie rouge à pois,
je salue le saint sur son nuage,
et je lui crie :
« Allez, verse ton seau, vieux brigand !
Tant qu’il y aura des Normands pour rire sous la flotte,
tu ne gagneras jamais ! »
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