Michel

“35 degrés dans la gorge”

Le 06/07/2026 0

C'est dur tu sais jeanne

“35 degrés dans la gorge”

À 35 degrés, ce n’est plus de la chaleur. C’est une pression, une main invisible qui serre la cage thoracique, qui écrase les bronches, qui transforme chaque respiration en un travail forcé.

Le corps proteste. Il passe au blanc d’abord — ce blanc d’hôpital, ce blanc de couloir, ce blanc qui dit : tu vas trop loin, tu chauffes trop, reviens. Puis le rouge — la côte d’alerte, la brûlure dans les poumons, la douleur morale qui s’ajoute à la douleur physique, parce qu’on sait ce que ça veut dire, parce qu’on connaît déjà ce terrain.

On ne parle plus. On ne dit rien. Le silence devient une technique de survie, une sagesse primitive : ne pas gaspiller l’air, ne pas gaspiller l’énergie, ne pas laisser la tête partir en vrille à 35°C.

On reste là, immobile, dans la pièce fraîche, dans la lumière douce, à attendre que le feu redescende, à laisser les traitements faire leur travail, à laisser le corps reprendre sa place.

Ce n’est pas de la résignation. C’est de la maîtrise. C’est savoir que parfois, le seul acte possible, le seul acte noble, c’est respirer encore une fois, doucement, lentement, sans bruit, sans colère, sans panique.

Juste être là. Tenir. Et laisser la chaleur perdre.

lewy aidant litéraire blog écriture Médical Maladie à corps de Lewy Maladie Neuronale

Ajouter un commentaire