Michel

Fable : Le Camion, la Pente et le Choix

 

Quel chemin choisir ?

Fable : Le Camion, la Pente et le Choix


19 mars 2026 par Michel

Chemin

Fable : Le Camion, la Pente et le Choix

Il était une fois, tout en haut d’une côte si raide qu’on aurait dit une falaise couchée,
un camion.
Un bon vieux camion, solide, fidèle, mais chargé comme un mulet têtu.

Dans sa benne, il y avait de tout :
des pierres, des souvenirs, des obligations, des “il faut”, des “on verra plus tard”,
et même quelques poids que personne n’avait jamais identifiés.

Le camion regarda la pente.
Elle descendait droit vers la vallée,
comme une invitation… ou un piège.

Trois chemins s’offraient à lui.

 

1. Le chemin direct

Le plus court.
Le plus rapide.
Le plus brutal.

S’il descendait tout droit, il arriverait en bas, oui…
mais les freins crieraient, la mécanique souffrirait,
et il risquait d’arriver cabossé, fumant, épuisé.

C’était la voie de ceux qui foncent sans réfléchir.

 

2. Le chemin détourné

Plus long.
Moins spectaculaire.
Mais doux pour les freins et pour le moteur.

Il arriverait en bas entier,
peut‑être un peu plus tard,
mais avec dignité.

C’était la voie de ceux qui choisissent l’intelligence plutôt que la vitesse.

 

3. Le choix du sage : alléger

Le camion pouvait aussi s’arrêter,
ouvrir sa benne,
et regarder ce qui pesait vraiment.

Il pouvait enlever ce qui n’était plus utile,
ce qui appartenait au passé,
ce qui n’était pas à lui,
ce qui l’empêchait d’avancer.

Il pouvait faire deux voyages,
ou trois,
ou autant qu’il fallait.

C’était la voie de ceux qui respectent leur propre mécanique.

Le camion réfléchit longtemps.
Puis il fit ce que font les êtres vivants qui ont compris quelque chose au monde :
il allégea.
Il choisit.
Il prit son temps.

Et quand il descendit enfin,
il arriva en bas entier,
maître de sa trajectoire,
et fier de ne pas avoir brûlé ses freins pour rien.

Moralité

Il y a ceux qui foncent.
Il y a ceux qui contournent.
Et il y a ceux qui choisissent ce qu’ils portent.

Ceux‑là arrivent toujours plus loin.

 

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Michel Autef

Fondateur du blog littéraire Prothéus le poète

Je m’appelle Michel. Je marche parmi les mots comme on traverse une forêt au petit matin : en silence, en cherchant la lumière qui filtre entre les branches. J’écris des contes, des récits et des fragments pour garder vivants les instants fragiles, les visages aimés, les éclats de douceur qui résistent au bruit du monde. Mes textes avancent doucement, sans prétention, comme des lanternes posées sur le chemin. S’ils trouvent un cœur où se déposer, alors leur voyage est accompli.

Date de dernière mise à jour : 19/03/2026